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« Nous empruntons nos expressions, nos idées des personnes avec lesquelles nous conversons, nous vivons » : le rôle de l’altérité dans la constitution diderotienne du sujet

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Maud Brunet-Fontaine : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Émile Faguet, grand critique littéraire du XIXe siècle français, écrivait au sujet de Denis Diderot que « plus qu’un autre, il représente quelque chose : l’individualisme du XVIIIe siècle s’appliquant enfin franchement et insolemment à tout, pour tout détruire, […] ne laissant debout que l’homme avec ses instincts, tenus pour bons ; dissolvant la communauté humaine, sous forme de pensée commune dans l’espace, sous forme de pensée traditionnelle dans le temps. » Plusieurs commentateurs associent d’ailleurs toujours l’individualisme aux penseurs du XVIIIe siècle. Notre communication cherchera à montrer comment la conception diderotienne du sujet est, au contraire, bien opposée à l’individualisme. Nous nous intéresserons plus précisément au rôle crucial que joue le rapport à autrui dans la constitution du sujet. Bien qu’il nous serait possible d’étudier le sujet non individuel de Diderot à partir de son entreprise encyclopédique, nous emprunterons plutôt une voie moins attendue, celle de l’étude de la solitude. À partir de certains passages ciblés où Diderot met en scène des moments de solitude, nous pourrons voir comment le moi, même dans les moments où il devrait se donner dans sa plus grande pureté, est en fait toujours habité par l’autre ou orienté vers lui.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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