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Michael Graydon : Algoma University
En 1990, le conseil municipal de Sault Ste. Marie adopte une résolution qui fait de l’anglais la seule langue de travail de la municipalité. Invalidée judiciairement trois ans plus tard, cette décision reste un événement traumatisant pour les francophones installés depuis longtemps dans cette région. Cette présentation rend compte d’une recherche portant sur les expériences vécues par les francophones de cette région. De toute évidence, la résolution a été adoptée pour protester contre l’élargissement des services en français offerts par la fonction publique de l’Ontario. Le maire Joe Fratesi s’en est même servi comme levier pour se faire réélire. Or, les actes du maire Fratesi et le soutien dont il a bénéficié ont trouvé leur source dans l’exacerbation du sentiment anti-français provoqué par le mouvement souverainiste québécois, l’adoption de la loi 101, ainsi que les accords du lac Meech et de Charlottetown. Portant principalement sur les réactions des habitants francophones de Sault Ste. Marie, cette présentation établit des parallèles avec la loi 101. Plus précisément, elle s’attarde sur les similitudes qui existent entre les sentiments ressentis par les anglophones du Québec et ceux ressentis par les francophones de Sault Ste. Marie : deux communautés culturelles historiques en péril.
La Charte de la langue française, couramment appelée loi 101, a joué un rôle fondamental dans l’évolution du Québec. Introduite en 1977, la loi décrète le français comme langue officielle de l’État et des tribunaux de la province, ainsi que la langue normale et habituelle au travail. La loi limite également l’accès aux écoles de langue anglaise et interdit l’usage de l’anglais sur l’affichage commercial.
Plusieurs francophones perçoivent cette loi comme un instrument puissant qui s’inscrit dans la suite logique de la Révolution tranquille. Le préambule de la Charte reconnaît l’importance de respecter la « communauté québécoise d’expression anglaise », mais de nombreux anglophones craignent que la Charte entraîne leur exclusion sociale, économique et politique.
Les chercheurs tracent un bilan partagé des effets de la Charte sur les anglophones. Après la Charte, l’émigration anglophone s’accélère et il y a un déclin des écoles de langue anglaise. Cela dit, les inégalités socioéconomiques entre anglophones et francophones diminuent. Certains chercheurs affirment que les lois linguistiques au Québec ont permis aux anglophones de se redéfinir : ils se perçoivent moins comme une partie de la majorité linguistique du Canada et davantage comme une minorité au Québec. En réaction à la loi 101, les anglophones créent de nouvelles associations. De plus, la Charte fait en sorte que les jeunes anglo-québécois n’ont jamais été aussi bilingues et multilingues qu’ils le sont maintenant. Cela facilite ainsi leur participation économique, culturelle et civique à la société québécoise.
Notre colloque multidisciplinaire abordera les questions légales, démographiques, socioéconomiques, politiques, institutionnelles et culturelles liées aux incidences de la loi 101 sur la communauté d’expression anglaise au Québec (CEAQ) au cours des 40 dernières années.
Titre du colloque :