Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Georges Azzaria : Université Laval
Depuis l’arrivée des technologies numériques, le droit d’auteur et le droit à la vie privée sont la cible d’incessantes attaques qui visent leur pertinence. On ne compte plus les auteurs qui annoncent la fin de la vie privée et la mort du droit d’auteur. Ces points de vue sont essentiellement prescriptifs, en ceci qu’ils épousent une perspective idéologique qui n’est pas documentée empiriquement, notamment au Québec. Cette conférence présentera les résultats d’une étude effectuée en 2016 et qui palliait cette lacune en enquêtant sur la perception des Québécois à l'égard de la vie privée et du droit d’auteur, ainsi que sur les pratiques adoptées à leur sujet. Les données recueillies permettent de tirer deux grandes conclusions. La première, puisant dans le cadre conceptuel du pluralisme juridique, révèle un certain décalage entre les perceptions et les pratiques des internautes et le droit en vigueur, et ce, en raison d’un déclin de l’importance accordée à la protection de la vie privée et au droit d’auteur dans l’univers numérique. La seconde conclusion relève davantage de la sociologie et atteste l’existence d’écarts générationnels dans les résultats obtenus : selon les groupes d’âge sondés, on remarque que les rapports à la vie privée et au droit d’auteur divergent. Cette présentation participe donc à la discussion sur la société québécoise en présentant des données empiriques, mais aussi en comparant ces données avec les normes énoncées par le droit en vigueur.
Dans un récent article, la sociologue Monique Hirschhorn (2016, p. 288) revient sur la constitution, devenue malaisée, d’une sociologie de la société française, cet « objet encombrant, difficile à saisir et [actuellement] peu valorisé ». Au Québec, Fernand Dumont (1962, p. 278) fut l’un des premiers dans les années 1960 à constituer le Québec comme société globale à partir de « mécanismes par lesquels [elle] a tâché de se donner une représentation d’ensemble ». Dans la foulée, des exercices de synthèse ont aussi été réalisés sur le Canada français et le Québec depuis le collectif Essais sur le Québec contemporain (1953) dirigé par Jean-Charles Falardeau jusqu’à la publication en 1984 de Continuité et rupture. Les sciences sociales, dirigée notamment par Georges-Henri Lévesque, Guy Rocher et Jacques Henripin. Chaque fois, la mise en objet du « Québec » ou de la « société québécoise » soulève divers problèmes; encore aujourd’hui, ses contours ne vont pas de soi. En outre, plus récemment, c’est la pertinence, la visibilité ou la légitimité même de l’objet Québec qui semble mise en cause dans certains secteurs des sciences sociales.
L’objectif de ce colloque n’est pas de ressusciter les exercices de synthèse d’autrefois. Il s’agit plutôt, à titre d’historien et de sociologue, de délimiter un espace de dialogue sur cet objet fortement polysémique, face auquel les chercheurs et chercheures en sciences sociales n’emploient pas un langage commun, et ne l’ont sans doute jamais fait. L’objectif du colloque est donc de se questionner sur la construction de l’objet Québec dans les différentes sciences sociales. Que faut-il entendre par l’objet Québec? Quelles sont les difficultés à constituer le Québec comme société? Quel est l’état de l’enseignement sur le Québec au sein des universités québécoises? Comment se réalise la production de l’objet Québec à partir d’analyse de cas concrets et suivant les différentes disciplines des sciences sociales? Et quels sont les obstacles, mais aussi les incitatifs, à une discussion élargie sur cet objet ? À partir de quels « mécanismes » est-il aujourd’hui possible d’en rendre compte? S’il est désormais admis que le social est localisé, et non pas tant local, comment localiser socialement le « global »?
Titre du colloque :
Thème du colloque :