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Julien Plante-Hébert : UQAM - Université du Québec à Montréal
La capacité humaine à reconnaitre des voix familières a une importance critique lorsqu’appliquée dans un contexte légal. Nous avons démontré, en employant une procédure de «parade vocale», qu’une familiarité élevée permet une reconnaissance quasi parfaite de locuteurs. Un test de parade vocale exigeant une réponse verbale présente toutefois un problème en ce qu’un participant pourrait préférer éviter d’identifier la voix d’un proche. La présente étude vise à répondre à ce problème en faisant usage de l’électro-encéphalographie qui permet d’observer les potentiels évoqués (PE) associés à la reconnaissance d’une voix familière lors de l’écoute d’énoncés. Une expérience été menée où on a enregistré les PE de onze participants (sur un total prévu de 12) qui écoutaient une série d’énoncés produits par différentes voix similaires. Une seule de ces voix était familière du participant (la voix d’un proche). L’analyse des PE montre une différence saillante entre les potentiels évoqués lors de la présentation de voix familières en comparaison avec les voix inconnues. Les observations suggèrent l’existence d’une composante particulière dans les PE liée à la reconnaissance de voix familières. Par ailleurs, les données comportementales indiquent que les participants ont différencié la voix familière des voix inconnues dans 99.02 % des présentations. Les résultats impliquent que la reconnaissance d’individus par la voix peut être démontrée hors de tout doute raisonnable par le biais de PE.
La linguistique judiciaire (forensic linguistics) regroupe les recherches axées sur le langage dans les contextes de travail relatifs à la justice. Langue et justice ont en effet partie liée : l’interrogatoire, l’aveu, la plaidoirie et le jugement sont affaire de discours, tout comme le sont également parfois, en amont, l’infraction ou le crime lui-même — qu’il s’agisse de menace, d’incitation à la haine ou de plagiat, pour ne nommer que ceux-là. La manière même dont ces discours sont construits contraint l’interprétation qui en est donnée et, de ce fait, les conséquences légales et sociales qui en découlent. Le colloque réunira les chercheurs francophones intéressés par l’étude du langage dans toutes les sphères du système judiciaire et à toutes les étapes d’intervention. Il s’agira d’exploiter des thèmes liés à l’analyse des discours de l’enquête policière ou du tribunal — produits par les acteurs impliqués dans les enquêtes ou les procès : policiers, juges et avocats, mais aussi témoins et jurés — de même qu’à l’analyse de données langagières pour l’enquête policière ou le tribunal : par exemple, les discours qui font l’objet du litige constituent des indices ou sont apportés en preuve lors d’un procès.
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