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Tous urbains : enseigner autrement la géographie avec l’album pour enfants à l’école élémentaire

CM

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Christophe Meunier : Université d'Orléans

Résumé de la communication

Les auteurs d’albums pour enfants n’inventent pas d’espace, ils ne l’imaginent pas non plus. Mais comme l’affirme Georges Perec, ils l’interrogent, le racontent. Comme dans la vie réelle, les personnages littéraires de Rotraut Susanne Berner traversent des « laps d’espace» (Perec, 1974). De l’espace rural à l’espace urbain, proche ou lointain, en passant par la maison et le jardin, ils construisent leurs rapports à soi et au monde : ils habitent une portion d’espace. Représenter ces différents espaces, ces lieux où l’homme dresse sa tente au sein de l’univers, disait Hannah Arendt (1958), semble être une problématique importante chez cette illustratrice allemande. Dans cette communication, nous interrogerons l’image de l’urbain que propose Rotraut Susanne Berner à ces jeunes lecteurs à travers la série des Livres des Saisons et des aventures de ses multiples personnages. Mais bien plus qu’une simple analyse des paysages réalisés par l’autrice, nous étudierons la portée illocutoire de ces images qui exposent de l’urbanité. Nous relaterons ensuite une expérimentation menée dans une classe de CM2, d’une école périurbaine de l’agglomération de Tours), qui avait pour but de faire prendre conscience aux élèves de leur habiter. Nous démontrerons par l’expérience menée que le travail sur l’album amène à modifier les représentations des élèves et leur permet de construire des concepts géographiques.

Résumé du colloque

Les historiens se sont intéressés tardivement à l’image, notamment parce que le texte a longtemps eu préséance (Vanderdorpe, 2012). Aujourd’hui, alors qu’elle domine les communications contemporaines, il semble fondamental d’éduquer à l’image afin d’apprendre à la décoder, l’interpréter et la mettre à distance. En France (et moindrement au Québec), l’étude de l’image est désormais bien installée dans les programmes, en particulier celui d’histoire. Les pratiques pédagogiques dans les classes illustrent, entre autres, que le croisement du texte et de l’image est devenu une habitude pour les enseignants de l’Hexagone (Delporte et Gachet, 2002). En classe, l’image tend pourtant à rester un témoin rapide de ce qui a été dit ou lu, un complément pédagogique. Plus préoccupant, l’apprentissage de la lecture d’images semble encore peu pris en compte (Lebrun, Lacelle et Lebrun, 2102; Martel et Cartier, 2016). Comment décoder et interpréter une image? Lit-on de la même manière une image fixe ou mobile? Fait-on dans nos écoles un vrai travail d’historien et de géographe avec l’image? Quelle méthodologie doit-on mettre en œuvre pour cela? Quels sont les types de documents iconographiques privilégiés, avec quelles finalités, pour quels apprentissages? Quelles sont les disciplines scolaires contributives à la lecture de l’image et quels sont les apports spécifiques des disciplines de l’histoire et de la géographie? Prenant appui sur l’expertise de divers intervenants, ce colloque propose une réflexion à regards croisés (notamment France-Québec) sur ces interrogations. Pour ce faire, les points de vue de divers chercheurs et intervenants en éducation seront sollicités afin de dresser un portrait des perspectives actuelles et à venir en matière d’éducation à l’image en contexte d’enseignement ou d’apprentissage des humanités et de la culture.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 11 mai 2017

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