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Actes de véridiction, risque de violence et subjectivation politique dans le cadre des luttes socio-environnementales au Honduras (2009-2015)

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David Longtin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Conceptualisée par Foucault afin de cerner le travail éthique et politique de constitution historique du sujet à travers des pratiques de soi inscrites dans des techniques de pouvoir et des modes de véridiction, la subjectivation a été développée par Butler afin de réfléchir la subversion performative de formes d'assujettissement resignifiant les assignations identitaires et créant des subjectivités post-identitaires. Chez Rancière, la subjectivation politique correspond plutôt au processus de désidentification des identités assignées par la vérification de l'égalité entre ces identités formant de nouvelles subjectivités collectives nées du litige. Bien que distinctes, ces conceptualisations mettent toutes en lumière le rôle des jeux de vérité, de la prise de parole et des rapports conflictuels dans l'émergence des subjectivités politiques.

À partir d'une analyse du discours des communiqués émis par deux fédérations autochtone et afrodescendante du Honduras, cette communication examinera deux cas de processus de subjectivation politique, à la fois individuelle et collective, qui se nouent dans les actes de véridiction et la circulation des discours sur la violence dans le cadre des conflits socioenvironnementaux entourant des projets de développement. Elle cherchera à éclairer de nouvelles formes de subjectivités politiques qui émergent dans les pratiques du dire-vrai entourant ces violences en s'écartant des identités assignées par les dispositifs des droits humains.

Résumé du colloque

La philosophie politique et les sciences sociales « continentales », ainsi que les idées politiques qui s’en inspirent (comme les féminismes de la 3e vague, les études postcoloniales ou subalternes), font un large usage du concept de « sujet » et de ses dérivés : subjectivité, subjectivation. Il s’agit de placer au centre de la réflexion un concept du sujet compris comme une interruption, un écart, un déplacement d’un dispositif de pouvoir, qui renvoie à une pratique de la résistance, voire à une expérience de la liberté. Jouer la subjectivité/subjectivation contre le « sujet » traditionnel, c’est ainsi demander de quelles possibles institutions elle est porteuse : comment la résistance s’institue-t-elle en un sujet politique, comment penser la consistance temporelle spécifique d’un processus donné de subjectivation, et son institution? Quel est aujourd’hui l’atout théorique de l’usage de la « subjectivité politique » dans la pensée du pouvoir et des normes, et en quoi se distingue-t-elle d’autres propositions contemporaines, comme celles qui privilégient les concepts d’agency ou de self, davantage présentes dans le monde anglo-saxon? Inversement, que laisse-t-elle dans l’ombre, quels en sont les limites et les effets pervers possibles? Ce concept a par ailleurs migré dans d’autres champs du savoir, comme la sociologie, le travail social, la santé ou l’éthique du care. Enfin, il présente l’idée d’un sujet incarné (corps, affects, genres) et ancré dans des pratiques, allant du local au global : on peut donc se demander quelle est sa fécondité en regard des orientations pratiques, voire des politiques publiques qu’il est susceptible d’appuyer ou de critiquer, et aussi quels types d’identité et de vécus politiques il permet d’éclairer ou de produire.

Ce colloque entend explorer ces questions dans le triple domaine de la constitution du sujet, des dispositifs de pouvoir et des potentiels d’émancipation. Son objectif principal consiste à identifier l’origine et à circonscrire les avenues actuelles et la fécondité potentielle du concept de subjectivité politique, et cela, dans différents champs théoriques et pratiques. Il s’agira d’examiner et de discuter les problèmes éthiques, épistémiques, méthodologiques et politiques soulevés par ses usages dans la perspective : 1) de comprendre les tensions et les conflits des transformations sociales en cours à travers la pluralité des formes de subjectivité politique qui s’y manifestent; 2) d’identifier les nouvelles potentialités démocratiques et d’émancipation qui y sont en émergence, et les défis que cela pose pour l’action collective; et 3) de mener une réflexion interdisciplinaire et transdisciplinaire (articulations entre recherche, formation et intervention sur le terrain) renouvelée sur les rapports entre subjectivité et politique dans ce contexte.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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