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Jade BOIVIN : Université d'Ottawa
Lancée en 2013 par le Conseil de l'Europe en réaction à la tuerie perpétuée en Norvège par Anders Behring Breivik et dans laquelle 77 personnes sont mortes, la campagne Non à la haine a pour objectif de lutter contre le discours haineux et la discrimination sur Internet et ce, par la promotion des droits humains en ligne. C'est notamment à la suite de la publication et du partage en ligne d'un document décrivant l'idéologie d'extrême-droite de Breivik que le Conseil de l'Europe a jugé urgent d'adresser l'effet du discours haineux en ligne. La campagne existe maintenant dans plus de 40 pays, dont le Québec et s'adresse aux jeunes âgés de 10 à 25 ans. Dans le cadre du déploiement de la campagne, les jeunes sont invités à participer à des ateliers ainsi que des formations visant à aiguiser leur sens critique et à les outiller face aux différentes formes de discours haineux (qu'ils soient de nature homophobe, sexiste, raciste, islamophobe ou anti-réfugiés, etc.).
La campagne dispose de plusieurs outils pédagogiques et de différentes stratégies d'intervention, au sein desquels les notions de pouvoir d'agir et d'éducation sont centrales. L'un des principaux outils est la déconstruction du discours haineux circulant sur Internet, notamment par l'utilisation de contre-narratifs. À l'ère du numérique, on constate en effet que le discours haineux menant à la violence peut prendre des proportions inquiétantes, particulièrement lorsqu'il circule sur les réseaux sociaux.
Cette participation au colloque du CPRMV à l'Acfas s'inscrit dans une démarche visant à faire connaitre les outils d'intervention utilisés afin d'outiller les jeunes faces aux discours haineux. L'objectif de la présentation est de s'interroger sur la formulation du discours haineux au Québec à l'ère du numérique et sur l'analyse discursive comme outil d'activisme. Nous souhaitons comprendre le mécanisme de formulation du discours de haine en ligne au Québec, notamment utilisés par le mouvement d'extrême droit au Québec. Plus particulièrement, nous nous intéressons sur l'efficacité de l'utilisation de contre-narratifs dans la déconstruction du discours de l'extrême droite. La présentation de vidéos et de diapositives permettra de faire la démonstration des différents outils d'intervention de la campagne en lien avec le discours d'extrême droite au Québec ainsi que d'entamer une discussion avec le public.
Les radicalités violentes et l’extrémisme revêtent une pluralité de racines idéologiques et de visions du monde. Traditionnellement classés par la littérature scientifique sous la forme d’une typologie, les extrémismes se caractérisent par des motifs, des cadres idéationnels ou encore des généalogies communes. Parmi ces grandes familles, les radicalités violentes et les extrémismes de droite se distinguent par le peu d’intérêt qui leur est accordé à la fois comme objet scientifique et comme objet d’action publique. Derrière cette étiquette d’extrémismes de droite, il existe en réalité une pluralité de mouvements et d’acteurs (néonazis, néofascistes, suprémacistes, ultranationalistes, etc.) qui ne se revendiquent pas tous de la même manière et ne déploient pas leurs activités ou leurs actions, qu’elles soient violentes ou non, selon un même continuum.
Au Canada comme au Québec, peu de chercheurs se sont jusqu’ici intéressés à cette forme d’extrémisme. Il en résulte une littérature spécialisée relativement limitée et majoritairement restreinte à l’extrémisme de droite dans ses formes et ses manifestations les plus violentes et marginales. Si l’extrémisme de droite peut renvoyer à des groupes oppositionnels tels que les groupes skinheads néonazis, les mouvements ultranationalistes ou encore les mouvances suprémacistes, ce phénomène dépasse ces acteurs militants qui opèrent aux marges de l’espace politique et du débat public. Il semble dès lors important d’explorer plus en profondeur la nature et le déploiement des extrémismes de droite qui peuvent s’incarner autant dans des actions violentes spectaculaires que par une violence plus ordinaire et moins perceptible à l’échelle sociale. Afin de cerner ces différents enjeux, le colloque propose des pistes de réflexion et des éclairages autour des extrémismes et des radicalités violentes de droite au Québec et au Canada.
Comment traiter l’aspect définitionnel de la radicalisation violente dans une perspective d’extrémisme de droite? Comment définir les acteurs et les groupes qui composent cette nébuleuse floue de l’extrémisme de droite au Québec et au Canada? Comment les membres de ces groupes s’engagent-ils dans cette mouvance? Quel regard comparé est porté sur les extrémismes de droite au Québec et au Canada en comparaison d’autres espaces (Europe, États-Unis, etc.)? Voilà un éventail de questions qui orientera les discussions et les réflexions des communications présentées dans le cadre de ce colloque.
Cet espace sera l’occasion pour les chercheurs francophones de partager les résultats de leurs travaux et d’évoquer les points de débats et de tensions actuels dans ce domaine. Il s’agira donc d’offrir un espace de réflexivité et de discussion relatif à la problématique décrite, en particulier au Québec.
Titre du colloque :