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Articulation de la réflexivité individuelle et collective : une forme d’apprentissage de l’empathie dans un dispositif de formation universitaire à l’analyse des pratiques à destination de futurs enseignants

FD

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France Dantinne : Unamur

Résumé de la communication

Dans le cadre de la formation des futurs enseignants du secondaire supérieur (élèves de 16 à 18 ans) en Belgique francophone, un dispositif d’analyse des pratiques sur base de séquences d’enseignement vidéoscopées a été mis en place par l’ensemble de l’équipe des formateurs comprenant des didacticiens et des psychopédagogues.

Dans le cadre de ce dispositif, les étudiants réalisent une partie du processus d’analyse de la vidéo à distance et individuellement. Les étapes ultérieures du dispositif sont réalisées en présentiel et articulent réflexivité individuelle et collective.

Nous avons tenté d’identifier les processus mentaux en jeu ainsi que la part d’empathie dont peut faire preuve l’étudiant dans ces moments de réflexivité collective. Nous définissons l’empathie comme « la perception du cadre de référence interne d’autrui avec les composantes émotionnelles et les significations qui lui appartiennent » (Rogers, 1980).

Les données ont été récoltées sur base d’entretiens d’explicitation relatant le vécu et les activités mentales des futurs enseignants, lors des échanges de conceptions divergentes en collectif au sein du dispositif.

Cette communication sera centrée sur les activités mentales de l’étudiant dans les moments de réflexivité collective. Que comprennent ces activités mentales ? Comment l’étudiant accueille-t-il et comprend-t-il les informations qui divergent de sa conception ? Fait-il preuve d’empathie dans sa compréhension de la divergence ? Comment articule-t-il réflexivité individuelle et collective ?

Résumé du colloque

De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.

Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.

Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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