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Rupaleem Bhuyan
Dans le cadre des études émergentes sur la «crimmigration» au Canada, cet article examine comment les discours sur la «fraude» sont mobilisés pour justifier un examen plus minutieux des immigrants à travers la stratégie des frontières multiples du Canada. Nous analysons l'introduction de la résidence permanente conditionnelle (RPC) en 2012; une politique qui imposait des conditions aux époux ou conjoints nouvellement parrainés en raison du risque de «fraude relative au mariage». La RPC a rencontré une désapprobation publique qui a poussé le gouvernement libéral élu en 2015 à promettre d'abroger la politique au printemps 2017.
Cependant, la stratégie des frontières multiples du Canada crée de nombreux sites où les discours de «fraude» et de «criminalité» augmentent le spectre de l'expulsion pour les époux et les conjoints immigrés. De plus, nous passons en revue les données statistiques sur les personnes qui ont été admises avec la RPC, ainsi que celles qui ont demandé une exception pour cause d'abus, pour illustrer les effets racialisés et genrés de la règlementation relative aux immigrants. Nous soutenons que ces processus génèrent des frontières structurellement enchâssées qui deviennent difficiles à déloger une fois établies. De plus, le gouvernement canadien racialise et sexualise ces frontières à travers le langage de la «fraude» sans utiliser de termes ouvertement raciste ou sexiste.
Ce colloque veut s’attarder aux récents développements sur la question du rapport entre les immigrants et la ville dans la recherche universitaire aussi bien que dans le cadre du travail communautaire.
La littérature universitaire et la littérature grise récentes font état de l’urbanisation très marquée de l’immigration; selon certains travaux, les nouveaux immigrants et ceux de longue date ont tendance à s’installer dans des grandes villes, et dans certaines villes occidentales « les migrants représentent plus du tiers de la population » (OIM, 2015).
Au Canada, il se profile le même scénario quant à la répartition des immigrants sur le territoire national. Selon les statistiques officielles (CIC, 2005 ; MIDI, 2015), les grands centres urbains attirent une large proportion des immigrants qu’ils soient arrivés récemment ou installés de longue date. En effet, « la plupart des immigrants vivent dans les grandes villes, et s’y concentrent de plus en plus. Plus de 60 % des immigrants et 70 % des immigrants récents vivent dans les trois plus grandes villes du Canada, soit Toronto, Montréal et Vancouver » (CIC, 2005).
Cette urbanisation de l’immigration contribue à créer des villes très diversifiées (super-diverse) (Vertovec, 2007), mais où l’installation et la vie quotidienne des immigrants est soumise à plusieurs défis. Nonobstant l’apport positif et bénéfique de l’immigration sur le plan socioéconomique, la situation des immigrants dans les grandes villes d’immigration pose encore quelques problèmes liés principalement à l’accès et à l’accessibilité de certaines ressources comme le logement et l’emploi, mais l’aspect le plus sensible reste le vivre-ensemble et la cohabitation entre immigrants et natifs.
Dans le cadre de ce colloque, nous voulons discuter et valoriser les travaux récents de chercheurs canadiens et internationaux qui ont examiné ce rapport sous différents angles et avec des approches diversifiées.
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