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De la dynamique différentielle des interactions didactiques entre filles et garçons à la compréhension d’une co-construction « éducation au vivant » et genre

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Eliane Pautal : Université Toulouse-Jean-Jaurès

Résumé de la communication

En général discutée depuis la sociologie ou les neurosciences, la question des apprentissages scolaires inégalitaires entre filles et garçons sera examinée d’un point de vue didactique. L’étude de la dynamique différentielle des interactions didactiques entre filles et garçons vise à comprendre ce qui influence la construction d’inégalités au sein de la classe tant du point de vue des attitudes des élèves vis-à-vis des savoirs liés au vivant que les savoirs eux-mêmes mis à l’étude (Pautal & Vinson, 2017). Les données recueillies pour cette étude de cas articulent des entretiens ante et post séances aux enregistrements filmés de pratiques ordinaires (Leutenegger, 2009). Nous choisissons lors d’une séquence sur la circulation du sang, des moments d’interactions didactiques au sein desquels s’actualisent des enjeux culturels et sociétaux entre filles et garçons. Mobilisant la théorie de l’action conjointe (Sensevy, 2011), nous examinons l'influence du non verbal et du verbal sur les acquisitions différentielles des filles et des garçons quant aux savoirs biologiques mis à l’étude. Les résultats montrent que filles et garçons n’appréhendent pas les savoirs biologiques de la même façon; l’éducation au vivant n’est alors pas de même nature pour chacun.e. Cette construction inégalitaire d’un rapport aux savoirs biologiques sera discutée, l’enjeu étant de viser une éducation au vivant qui aide filles et garçons dans leurs futurs choix de citoyen.nes dans un monde technoscientifique.

Résumé du colloque

Depuis la fin du 20e siècle, les avancées technoscientifiques en lien avec le vivant soulèvent des questions. S’appuyant sur des modèles provenant de nombreuses disciplines biologiques pour comprendre et appréhender le vivant, certaines de ces avancées induisent des formes de maîtrise ou de façonnement du vivant. La place du vivant dans la recherche de solutions durables aux problèmes énergétiques, alimentaires ou de santé est au cœur des préoccupations, que ce soit pour préserver la biodiversité ou pour l’employer en tant que ressource. Ces différents buts et usages interpellent les scientifiques, les citoyens et les acteurs œuvrant dans le champ éducatif. Ouvrant la voie à des transformations du vivant, ces innovations interrogent nos rapports au vivant et remettent en question nos représentations de l’humain et ses relations avec les autres formes du monde vivant et non vivant.

À l’instar d’Atlan, n’avons-nous pas intérêt à considérer sérieusement la fin du tout génétique, pour repenser les enjeux médicaux et sociétaux de certaines pathologies au regard des interactions entre gènes et environnement ou mode de vie? Quel est l’intérêt et quelles sont les limites de la virtualisation du vivant offerte par les simulations et les modélisations informatiques grâce à la biologie de synthèse? Doit-on fabriquer du vivant et pour quelles finalités? Est-ce éthique de breveter le vivant? L’instrumentalisation du vivant est-elle une posture viable?

L’enseignement répond-il à la finalité d’une formation des futurs citoyens et citoyennes pouvant se positionner face à ces interrogations? Quels choix sont faits dans le champ éducatif pour positionner ces enjeux et par qui sont-ils réalisés?

Notre perspective est celle d’interroger d’une part les nouveaux enjeux et défis auxquels les éducations au vivant doivent faire face et, d’autre part, les nouvelles mises en œuvre convoquant un regard interdisciplinaire dans cette même voie d’une éducation au vivant.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
Discutant-e- de la session : Eric TRIQUET
section icon Date : 12 mai 2017

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