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François Toutée : UQAM - Université du Québec à Montréal
Ces dernières années, les discours haineux et discriminatoires ont fait l'objet de beaucoup d'attention de la part de la communauté philosophique. Les discussions se concentrent souvent sur la comparaison des torts et des intérêts en jeu : on tente de déterminer quelle réaction face à ces discours cause le moins de torts. On veut alors peser les torts de la suppression contre les torts de la permission.
En raison de l'histoire de la liberté d'expression, qui s'est développée comme une barrière face aux velléités de contrôle de l'État, on connaît surtout les torts de la suppression. Or, trop peu d’attention est encore accordée aux torts de la permission, c’est-à-dire aux impacts de ces discours sur leurs cibles, le plus souvent des personnes issues de groupes marginalisés. Dans cette présentation, je veux contribuer à remédier à ce vide en proposant que les discours haineux et les discours stigmatisants causent des injustices épistémiques (Miranda Fricker, 2007). Après avoir donné des définitions de travail des discours oppressifs, en faisant la distinction entre les discours stigmatisants et haineux, je montrerai comment les discours oppressifs créent des injustices épistémiques, via les stéréotypes et l’injustice testimoniale dans le cas des discours stigmatisants, et via la perte de l’assurance (Jeremy Waldron 2012) et l’étouffement testimonial (Kristie Dotson 2011) dans le cas des discours haineux.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :