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Marie-Anne Casselot-Legros : Université Laval
Douter constitue l’interruption d’une volonté ou encore la suspension d’un jugement. Pourquoi les filles doutent-elles ? Qu’est-ce qu’un doute « féminin » ? Douter de soi, c’est se questionner sur ses propres capacités (physiques ou intellectuelles) ou encore manquer de confiance en soi. Le doute subjectif des femmes les entrave, il a été acquis par la socialisation de genre, il fait donc partie de leur être-au-monde actuel. Douter de quelqu’un veut dire ne pas lui faire confiance ou encore remettre en question son authenticité. À qui accorde-t-on sa confiance ? Le doute est intersubjectif puisqu’il implique une relation à autrui. Historiquement, les femmes ont douté des hommes à cause des violences patriarcales qu’elles ont subies de leur part. Et si le doute était féministe ? Ce doute féministe serait une posture de résistance et de méfiance envers un système sociopolitique inégalitaire. Dans ce contexte, l’acte intentionnel du doute devient obstiné et féministe. Le doute féministe résisterait autant au doute féminin ainsi qu’à un féminisme pop où l’ambition et la « pensée positive » cooptent la lutte collective à un effort individuel de dépassement de soi supposément féministe. Cette présentation de l’acte intentionnel du doute féminin et féministe s’appuiera notamment sur les travaux d’Alia Al-Saji sur l’hésitation et ceux de Sara Ahmed sur la figure de la féministe rabat-joie.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :