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Vincent LIQUETE : Université de Bordeaux
Face à la multiplication des approches et des pratiques autour des données (ouvertes et/ou de recherche), cette contribution vise à interroger les définitions et les délimitations pour comprendre ce que sont fondamentalement les données, leurs enjeux et leurs incidences en matière professionnelle notamment pour les acteurs de la gestion de l’information-documentation. L’originalité de notre propos sera de croiser une approche épistémologique scientifique avec une épistémologie pragmatique d’une experte de la donnée pour comprendre le périmètre de la donnée, son histoire, puis en mesurer les impacts sociaux et incidences professionnelles. Cette communication est le fruit d’une recherche française initiative d’excellence (IDEX CNRS) 2016-2017 intitulée « Médiation et Valorisation des Données pour l’Enseignement » (MVDE).
Le sujet de ce colloque porte sur les méthodes et stratégies de gestion de l'information par les organisations dans un contexte de production de données massives (big data). Nombreuses sont les organisations qui cherchent des méthodes, stratégies afin de « faire parler » ces données et ainsi orienter leurs stratégies, leurs prise de décision, etc. Les big data fascinent du fait des potentialités qu’elles laissent entrevoir en terme de performance organisationnelle. Cependant, cela soulève des enjeux techniques, méthodologiques, organisationnels, communicationnels et éthiques auxquels il faut réfléchir. Face à l’accumulation de données massives en milieu organisationnel, l’approche privilégiée pour en tirer un sens est celle de l’analyse quantitative en vue de s’en servir pour la prise de décision. Ceci conduit à l’idée dangereuse que des données statistiques seraient plus utiles et objectives et contribueraient à rendre les organisations plus efficaces et rentables. Toutefois, cette accumulation de données chiffrées analysées statistiquement est limitée par l’absence d’un contexte significatif riche, qui pour sa part est généré par une accumulation d’éléments non chiffrés, non quantifiables, non structurés et donc difficilement mesurables, de type socio-culturel (thick data), qui doivent être étudiés par une analyse qualitative. Cette rencontre entre les big data et les thick data peut générer l’information actionnable et compléter la perspective qu’une organisation doit avoir de son environnement et l’aider à mieux orienter ses voies d’action. La gestion des données massives n’est pas uniquement une question d’outils mais de stratégies et cela nécessite qu’une réflexion soit menée sur les stratégies et méthodes mises en œuvre par les organisations pour traiter, visualiser et « faire sens » de leurs données afin de pouvoir agir.
Titre du colloque :