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Gilles Beauchamp : Université McGill
En 2008, James Kraft et David Basinger ont publié un collectif sur l'humilité épistémique comme base pour la tolérance religieuse. Cette conception de la tolérance repose sur le problème de la justification épistémique des croyances religieuses et des religions. Selon cette approche, le manque d'un terrain commun d'évaluation des différentes religions pose un sérieux problème et devrait empêcher un croyant de croire que sa religion est suffisamment justifiée pour l'imposer à l'autre.
Selon Philipp Quinn et David Basinger, le problème de la justification des croyances religieuses place les religions dans un état de parité épistémique qui doit conduire à l'humilité épistémique. Cette humilité doit ensuite restreindre les désirs d'intolérance. William Lane Craig rejette la parité épistémique des religions et croit que l'incertitude en la supériorité de sa religion est une base instable, voire même dangereuse parce qu'elle réduirait la justification des croyances religieuses qui encouragent la tolérance.
Je défendrai un argument épistémique pour la tolérance qui n'est pas basé sur le problème de la justification, mais qui est plutôt basé sur le processus de formation des croyances religieuses, et qui évite ainsi reposer sur l'incertitude, qui ne dépend pas de la parité épistémique et qui oblige à une tolérance plus grande que la simple interdiction de la violence.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.