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Est-il légitime de parler du Québec en classe d’histoire?

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Marc-André Éthier : Université de Montréal

Résumé de la communication

L’enseignement de l’histoire à l’école publique sème la controverse depuis plus de cent ans, un peu partout dans le monde. Le Québec ne fait pas exception à cette règle: l’accueil houleux réservé aux deux plus récentes moutures du programme d’études de l’histoire du Québec et du Canada au deuxième cycle du secondaire en témoigne.

Cette communication a deux buts: (1) Examiner les arguments pour enseigner à l’école l’histoire sociale des mythes nationaux en vue de développer l’agentivité des opprimés, incluant ceux issus de nations opprimées. (2) Analyser le programme d’histoire du Québec et du Canada graduellement mis en œuvre dans les écoles secondaires québécoises depuis septembre 2016 et qui sera obligatoire en 3e et 4e secondaire dès septembre 2018.

Les auteurs considèrent que les élèves peuvent et doivent apprendre à mener leurs propres enquêtes sur le passé ou sur l’usage de ce passé qui est fait au présent. Ces enquêtes doivent porter sur les raisons des injustices sociales aujourd’hui, tel le racisme anti-canadiens-français ou antimusulmans. Connaitre mieux les causes communes de ces problèmes sociaux aide probablement à leur trouver des solutions à long terme, tout comme apprendre à débattre publiquement de ses interprétations et de ses preuves (tel que le font les historiens ou les sociologues, lorsqu’ils le font bien) aide probablement aussi à délibérer avec rigueur et tolérance à propos des actions sociopolitiques et socioéconomiques à entreprendre.

Résumé du colloque

Dans un récent article, la sociologue Monique Hirschhorn (2016, p. 288) revient sur la constitution, devenue malaisée, d’une sociologie de la société française, cet « objet encombrant, difficile à saisir et [actuellement] peu valorisé ». Au Québec, Fernand Dumont (1962, p. 278) fut l’un des premiers dans les années 1960 à constituer le Québec comme société globale à partir de « mécanismes par lesquels [elle] a tâché de se donner une représentation d’ensemble ». Dans la foulée, des exercices de synthèse ont aussi été réalisés sur le Canada français et le Québec depuis le collectif Essais sur le Québec contemporain (1953) dirigé par Jean-Charles Falardeau jusqu’à la publication en 1984 de Continuité et rupture. Les sciences sociales, dirigée notamment par Georges-Henri Lévesque, Guy Rocher et Jacques Henripin. Chaque fois, la mise en objet du « Québec » ou de la « société québécoise » soulève divers problèmes; encore aujourd’hui, ses contours ne vont pas de soi. En outre, plus récemment, c’est la pertinence, la visibilité ou la légitimité même de l’objet Québec qui semble mise en cause dans certains secteurs des sciences sociales.

L’objectif de ce colloque n’est pas de ressusciter les exercices de synthèse d’autrefois. Il s’agit plutôt, à titre d’historien et de sociologue, de délimiter un espace de dialogue sur cet objet fortement polysémique, face auquel les chercheurs et chercheures en sciences sociales n’emploient pas un langage commun, et ne l’ont sans doute jamais fait. L’objectif du colloque est donc de se questionner sur la construction de l’objet Québec dans les différentes sciences sociales. Que faut-il entendre par l’objet Québec? Quelles sont les difficultés à constituer le Québec comme société? Quel est l’état de l’enseignement sur le Québec au sein des universités québécoises? Comment se réalise la production de l’objet Québec à partir d’analyse de cas concrets et suivant les différentes disciplines des sciences sociales? Et quels sont les obstacles, mais aussi les incitatifs, à une discussion élargie sur cet objet ? À partir de quels « mécanismes » est-il aujourd’hui possible d’en rendre compte? S’il est désormais admis que le social est localisé, et non pas tant local, comment localiser socialement le « global »?

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
manager icon Responsables :
Julien Prud'homme
section icon Date : 12 mai 2017

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