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Faut-il ou non laisser une trace? Des rites de mort en mutation

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Martine ROBERGE : Université Laval

Résumé de la communication

Nous assistons en Occident à une profonde mutation des rituels entourant la mort. Transformations et aménagements des rites offrent désormais de nombreux points d’observation pour découvrir les facettes de cette ritualité contemporaine et comprendre leurs significations. Qu’on se le dise une fois pour toutes : les rites de mort ne sont pas pressés de disparaître. Si certaines de leurs adaptations dans les sociétés sécularisées laissent parfois les survivants dans une sorte d’insuffisance rituelle, d’autres transformations ouvrent à une plus grande souplesse qui pose toutefois divers défis. C’est le cas notamment de l’encadrement de pratiques liées à l’un ou l’autre des trois temps qui structurent les rites de mort, soit le temps de l’exposition du corps, le temps de la cérémonie et le temps de la sépulture. Cette communication s’intéresse au devenir post-mortem des défunts. Alternative à l’inhumation, la crémation demeure de nos jours le mode de disposition des corps le plus populaire; d’autres procédés considérés plus écologiques comme l‘« aquamation » et l’« humusation », sont dorénavant proposés. Reste que les rites de sépulture faisant appel à ces nouveaux modes de disposition des corps sont en complète définition en raison du statut indéterminé des cendres humaines. Au Québec, le cadre législatif de la Loi sur les activités funéraires, qui vise à mieux encadrer les modes de destination des cendres, demeure encore flou et non contraignant. Sans véritable lieu de sépulture, le devenir post-mortem est-il assuré? Faut-il ou non conserver une trace matérielle du défunt? La ritualisation de ce dernier moment, quelle que soit sa forme rituelle, peut-elle laisser une empreinte commémorative durable et clôturer définitivement le rite de mort?

Résumé du colloque

Ce colloque est présenté en collaboration avec la revue Frontières.

Les rites de mort sont encore bien présents dans les sociétés modernisées et remplissent d’inestimables fonctions. Pourtant, le discours ambiant, simplificateur et anxiogène, véhicule l’idée que les rites funéraires disparaissent, ou du moins qu’ils ne seraient plus qu’un reflet de ce qu’ils étaient autrefois. Pourtant, comme pour tous les rites, ceux qui concernent la mort connaissent des mutations considérables. Ils ne disparaissent pas, ils se transforment. En fait, ils sont adaptés aux attentes et aux modes de vie de l’individu contemporain. Les spécialistes des rites (Roberge, Jeffrey, Grimes, Bell, Wulf, Baudry, etc.) ont aussi observé que les activités autour de la mort peuvent être plus ou moins ritualisées, c’est-à-dire plus ou moins formalisées et élaborées, et peuvent avoir une durée plus ou moins longue, évidemment selon les circonstances, les situations sociales et les besoins des personnes et des groupes. À côté de cela, on doit prendre en compte que les croyances religieuses au sujet de la survie de l’âme s’essoufflent, alors que l’épreuve de deuil des survivants devient centrale. Dès lors, les rites de mort sont ajustés aux conceptions actuelles du défunt et du deuil.

Ainsi, on observe, dans la modernité occidentale, une réorganisation des rites de mort. On doit notamment prendre en compte les rites d’accompagnement des mourants à l’hôpital, les rites de commémoration dans des sites Web dédiés aux défunts, les ritualités adaptées à la diversité culturelle, les souhaits du défunt, les nouveaux dialogues avec le défunt, le métissage et la personnalisation des rites de mort, etc. En somme, il n’y a pas une disparition ou un retour de la mort et du deuil, puisque les rites de mort ont été adaptés aux nouvelles situations sociales et à l’esprit du temps. À cet égard, ce colloque vise à rendre compte des nouveaux aménagements dans les rites de mort.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
news icon Thème du colloque :
Ritualiser la mort
section icon Date : 12 mai 2017

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Titre du colloque :

Ritualiser la mort

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