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Foucault, Arendt et les prisons : regards croisés sur la superfluité

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Michael Restagno : Université de Montréal

Résumé de la communication

Malgré le fait que Michel Foucault et Hannah Arendt sont issus de deux traditions théoriques opposées, leurs analyses se croisent lorsqu'elles se focalisent sur l'étude de l'agencement humaine et ses conditions de possibilité. C'est en exposant les barrières à cet agencement qu'on va pouvoir esquisser les contours de la superfluité humaine.

Dans son travail sur le totalitarisme et la condition de l'homme moderne, Hannah Arendt entreprend une explication de la perte historique de notre capacité d'agir dans un contexte proprement politique. Pour Arendt, l'action politique s'est affaiblie en se soumettant aux forces de la nécessité et la téléologie; en voie de disparition, elle s'est donc fait remplacer par le ''comportement'', le mode d'action caractéristique de la superfluité humaine.

Si Arendt se focalise sur cette perte d'une manière macro-scopique, Foucault nous permet de mieux cerner les mécanismes particuliers de ce processus en illuminant les micro-pouvoirs qui l'alimentent. Son analyse des techniques de subjectivation issus du discours carcéral nous permettra de mieux cerner le ''comment'' de la normalisation du comportement dans la modernité en esquissant la constitution historique d'un sujet de la superfluité.

Le croisement de ces deux théoriciens est donc nécessaire à toute tentative de différenciation entre action intentionnelle et comportement normalisé, dans la mesure de promouvoir le premier dans les espaces envahis par la logique du dernier.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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