L’adoption de la transparence et de la responsabilité est perçue comme étant une expression de la flexibilité du modèle de gouvernance, en réponse aux mutations de l’environnement politique et économique (Ueda, 2014). Ainsi, à la suite de la grande crise de 2008 et de ses conséquences, les chercheurs du champ théorique de la gouvernance des Banques Centrales ont réaffirmé la pertinence du modèle de gouvernance fondé sur le triptyque transparence-indépendance-responsabilité. Toutefois, quelques auteurs insistent sur la nécessité d’adapter ce modèle de gouvernance aux spécificités de l’environnement stratégique, soulignant ainsi l’importance d’en analyser les effets. Dès lors, ce travail entend participer au débat sur les effets réels de la gouvernance des Banques Centrales dans un contexte particulier, en répondant à la question suivante : quels sont les effets de la transparence des Banques Centrales sur la croissance économique en Afrique ? Au plan empirique, la réponse à cette interrogation s’appuie sur un modèle vectoriel autorégressif en panel. L’analyse porte sur 38 Banques Centrales africaines sur la période 2000-2015. Les données proviennent à la fois des travaux de Dincer & Eichengreen (2014) et de la base de données de la Banque Mondiale (WDI, 2016). Les résultats obtenus montrent que (i) la transparence n’a pas d’effet direct sur la croissance économique ; (ii) la transparence a un effet réel indirect, notamment via les investissements et la demande.
Ce colloque traite des récents développements et des sujets émergents en matière de gouvernance. La gouvernance, comme thématique transversale, est abordée dans tous ses aspects : gouvernance d’entreprise, gouvernance économique, gouvernance publique, en lien avec la création de valeur ou la performance des organisations, des politiques ou des programmes concernés. Dans chacun des contextes, les travaux souligneront l’effet des mécanismes de gouvernance sur la performance des organisations, institutions ou collectivités.
La perspective internationale du colloque a pour but d’examiner les modèles et structures de gouvernance présents dans différents pays et dans les différentes organisations, selon que ces modèles dépendent fortement du système juridique, du modèle économique et social, ainsi que le poids relatif des différentes parties prenantes. Les contributions sont donc attendues des chercheurs et professionnels de plusieurs champs disciplinaires, notamment les sciences économiques, les sciences juridiques, les sciences politiques, la comptabilité, la finance, l’administration et la stratégie.