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Sergei Zharskikh : Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
À l’époque où les milices paramilitaires émergent non seulement dans les pays du tiers monde, mais également dans des pays comme la France (FDF), la Grèce (l'Aube Dorée), ou la Norvège (Les Soldats d'Odin), le Québec a vu naître au tournant des années 2000 une organisation connue du grand public comme la « Milice Patriotique Québécoise ».
Cette présentation sera principalement axée sur l’exploration de l’imaginaire des membres de cette milice paramilitaire. La médiatisation des activités de la M.P.Q., en 2008, a suscité une vague émotionnelle au sein de la population. L’onde de choc s’avérerait toutefois brève, puisque dans les faits, le groupuscule n’aura jamais commis d’acte radical haineux : un fait étonnant vu la possession répandue d’armes à feu chez ses membres et la pratique d’un entraînement inspiré de la routine militaire.
Alors étudiant de maîtrise en anthropologie sociale et culturelle à l’Université Laval, le conférencier a suivi l’évolution de cette milice entre les années 2007 et 2011 en se pliant à toutes les exigences d’un membre en règle : camps d’entraînement, lectures obligatoires et participation au forum de l’organisation. Au cours de son exposé, il présentera les principaux résultats de ses travaux de recherche quant à l’absence d’action violente posée par le groupuscule, en dépit des moyens alors mis à sa disposition.
Les radicalités violentes et l’extrémisme revêtent une pluralité de racines idéologiques et de visions du monde. Traditionnellement classés par la littérature scientifique sous la forme d’une typologie, les extrémismes se caractérisent par des motifs, des cadres idéationnels ou encore des généalogies communes. Parmi ces grandes familles, les radicalités violentes et les extrémismes de droite se distinguent par le peu d’intérêt qui leur est accordé à la fois comme objet scientifique et comme objet d’action publique. Derrière cette étiquette d’extrémismes de droite, il existe en réalité une pluralité de mouvements et d’acteurs (néonazis, néofascistes, suprémacistes, ultranationalistes, etc.) qui ne se revendiquent pas tous de la même manière et ne déploient pas leurs activités ou leurs actions, qu’elles soient violentes ou non, selon un même continuum.
Au Canada comme au Québec, peu de chercheurs se sont jusqu’ici intéressés à cette forme d’extrémisme. Il en résulte une littérature spécialisée relativement limitée et majoritairement restreinte à l’extrémisme de droite dans ses formes et ses manifestations les plus violentes et marginales. Si l’extrémisme de droite peut renvoyer à des groupes oppositionnels tels que les groupes skinheads néonazis, les mouvements ultranationalistes ou encore les mouvances suprémacistes, ce phénomène dépasse ces acteurs militants qui opèrent aux marges de l’espace politique et du débat public. Il semble dès lors important d’explorer plus en profondeur la nature et le déploiement des extrémismes de droite qui peuvent s’incarner autant dans des actions violentes spectaculaires que par une violence plus ordinaire et moins perceptible à l’échelle sociale. Afin de cerner ces différents enjeux, le colloque propose des pistes de réflexion et des éclairages autour des extrémismes et des radicalités violentes de droite au Québec et au Canada.
Comment traiter l’aspect définitionnel de la radicalisation violente dans une perspective d’extrémisme de droite? Comment définir les acteurs et les groupes qui composent cette nébuleuse floue de l’extrémisme de droite au Québec et au Canada? Comment les membres de ces groupes s’engagent-ils dans cette mouvance? Quel regard comparé est porté sur les extrémismes de droite au Québec et au Canada en comparaison d’autres espaces (Europe, États-Unis, etc.)? Voilà un éventail de questions qui orientera les discussions et les réflexions des communications présentées dans le cadre de ce colloque.
Cet espace sera l’occasion pour les chercheurs francophones de partager les résultats de leurs travaux et d’évoquer les points de débats et de tensions actuels dans ce domaine. Il s’agira donc d’offrir un espace de réflexivité et de discussion relatif à la problématique décrite, en particulier au Québec.
Titre du colloque :