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Danièle Letocha : Université d'Ottawa
On sait que la Commission scolaire English Montréal a signifié en novembre 2016 un avis au Ministère de l’Éducation du Québec concernant le nouveau programme d’histoire du Canada et du Québec. Cet avis n’est pas exactement un refus mais plutôt une demande d’exemption pour l’année 2017-2018, alléguant que ces cours effacent le rôle des minorités dans la construction de la société québécoise et ne font pas de juste place à leur mémoire plurielle.
Dans cette perspective, on suppose donc qu’il peut et doit coexister plusieurs mémoires subjectives et néanmoins normatives dans une même société. On postule qu’il n’existe pas de socle historique documentaire et factuel, construit selon les règles d’un inventaire objectif à interpréter.
En général, si l’on renvoie le ciment social à la mémoire/culture d'un peuple, on fera de la mémoire une fonction d’accueil des récits du passé (Jules Michelet, Maurice Barrès, Fernand Dumont) qui exclut ceux qui n’y ont pas participé, par exemple les immigrants ou les conquérants. Mais si l’on demande à la mémoire de porter l’histoire d’une nation, on verra plutôt dans la mémoire un horizon qui s’emprunte, s’investit, s’habite, s’adopte, se partage, dans une appropriation intégrative des différences. Cette lecture de l’histoire ne s’applique pas au cas des autochtones.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :