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José-Frédérique Biron : Université de Montréal
Hannah Arendt a écrit dans son fameux ouvrage Les origines du totalitarisme, que l’on aurait tort de croire que la capacité d’oubli des masses et leur inconstance les guérissent de la mentalité totalitaire. En effet, selon elle, la mentalité totalitaire se caractérise par la superfluité humaine des mouvements et des régimes totalitaires, qu’elle décrit comme dévorant ses propres enfants. Ce concept, de la superfluité humaine qu’elle a développé dans les pages des Origines du totalitarisme, elle le reprendra dans un autre de ses ouvrages très connus, Condition de l’homme moderne, afin d’établir un bilan très critique de la modernité et de l’homme de cette époque. Bien que les régimes totalitaires soient derrière nous dans l’histoire, il n’en demeure pas moins que la superfluité inhérente à ceux-ci persiste dans nos sociétés. Cette présentation fera en ce sens, dans un premier temps, une généalogie de la superfluité dans la pensée d’Arendt, des Origines du totalitarisme à La Vie de l’esprit, en passant par Condition de l’homme moderne, afin de mettre la table sur le plan théorique pour les présentations subséquentes. Dans un second temps le cas des prisons hors du droit telles que Guantanamo sera présenté comme cas d’étude de superfluité humaine, à l’aide, notamment de l’analyse de Judith Butler dans le chapitre Indefinite detention de son ouvrage Precarious life : The powers of mourning and violence.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.