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Sophie Cloutier : Université Saint-Paul
Hannah Arendt aurait voulu intituler son ouvrage de phénoménologie politique Amor mundi, mais son éditeur opta plutôt pour Condition de l’homme moderne. Ce livre se voulait une réponse au totalitarisme : à la désolation et à la terreur totale, Arendt opposait son souci pour le monde commun. Le portrait qu’elle dresse de la condition moderne est marqué par l’aliénation au monde et le triomphe de l’activité du travail – et la première victime est l’amour du monde. En effet, l’activité du travail se caractérise par une production de biens de consommation qui n’ont aucune permanence dans le monde. L’animal laborans est prisonnier d’une temporalité cyclique où seul compte la satisfaction de ses besoins. Du coup, l’activité laborante menace la pérennité du monde en risquant de le dévorer. Afin d’analyser cette perte de souci pour le monde au profit du seul souci de soi, nous procéderons en trois temps. Nous reprendrons d’abord les caractéristiques de la société de consommateurs en mobilisant notamment les recherches de Zygmunt Bauman sur la modernité liquide dans La vie liquide. Nous analyserons ensuite le souci du monde arendtien par le biais de la figure exemplaire de la cultura animi de Cicéron entendue comme tendre souci (La crise de la culture). Enfin, nous explorerons la portée politique du souci du monde et sa force de résistance.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.