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Le « courage de devenir soi-même » : la quête de l’authentique dans le mourir palliatif

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Julien Simard : Université McGill

Résumé de la communication

Nous nous pencherons ici sur une représentation très prégnante dans le champ des soins palliatifs : la quête de l’authentique. Nous croyons que son étude approfondie permet d’illustrer et de catégoriser les processus de transformation de la ritualité que sont la miniaturisation et l’intimisation de la mort (Déchaux 2001 ; Urbain 1998). Cette recherche, réalisée dans le cadre d’une maîtrise en anthropologie, tentait de determiner si l’accompagnement palliatif avait ou non des airs de famille avec les rites de passage funéraires. En second lieu, nous devions caractériser et décrire les normes et valeurs d’une équipe soignante dans une institution donnée. Conduit sur une période d’une année et demie (2011-2012) dans une maison indépendante de soins palliatifs au Québec, le terrain ethnographique a donné lieu à de nombreuses observations et à quelques entrevues réalisées avec des membres de l’équipe soignante. L’institution cherche à engager le mourant dans un parcours ontologique particulier où celui-ci doit idéalement, selon un médecin interviewé, trouver le « courage de devenir soi-même » en fin de vie. On remarque dans les discours et pratiques des équipes soignantes une agrégation entre les champs de la biomédecine, du New Age et de la psychologie, formant un assemblage de représentations donnant sens à la mort. Ceci s’inscrit dans ce que Gauthier (2011) nomme la « radicale immanentisation des sociétés contemporaines ».

Résumé du colloque

Ce colloque est présenté en collaboration avec la revue Frontières.

Les rites de mort sont encore bien présents dans les sociétés modernisées et remplissent d’inestimables fonctions. Pourtant, le discours ambiant, simplificateur et anxiogène, véhicule l’idée que les rites funéraires disparaissent, ou du moins qu’ils ne seraient plus qu’un reflet de ce qu’ils étaient autrefois. Pourtant, comme pour tous les rites, ceux qui concernent la mort connaissent des mutations considérables. Ils ne disparaissent pas, ils se transforment. En fait, ils sont adaptés aux attentes et aux modes de vie de l’individu contemporain. Les spécialistes des rites (Roberge, Jeffrey, Grimes, Bell, Wulf, Baudry, etc.) ont aussi observé que les activités autour de la mort peuvent être plus ou moins ritualisées, c’est-à-dire plus ou moins formalisées et élaborées, et peuvent avoir une durée plus ou moins longue, évidemment selon les circonstances, les situations sociales et les besoins des personnes et des groupes. À côté de cela, on doit prendre en compte que les croyances religieuses au sujet de la survie de l’âme s’essoufflent, alors que l’épreuve de deuil des survivants devient centrale. Dès lors, les rites de mort sont ajustés aux conceptions actuelles du défunt et du deuil.

Ainsi, on observe, dans la modernité occidentale, une réorganisation des rites de mort. On doit notamment prendre en compte les rites d’accompagnement des mourants à l’hôpital, les rites de commémoration dans des sites Web dédiés aux défunts, les ritualités adaptées à la diversité culturelle, les souhaits du défunt, les nouveaux dialogues avec le défunt, le métissage et la personnalisation des rites de mort, etc. En somme, il n’y a pas une disparition ou un retour de la mort et du deuil, puisque les rites de mort ont été adaptés aux nouvelles situations sociales et à l’esprit du temps. À cet égard, ce colloque vise à rendre compte des nouveaux aménagements dans les rites de mort.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
news icon Thème du colloque :
Ritualiser la mort
section icon Date : 12 mai 2017

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Titre du colloque :

Ritualiser la mort

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