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Dahlia Namian : Université d'Ottawa
Dans le cadre de la politique du Logement d’abord, des équipes d’intervenants mobiles ont été mises sur pied un peu partout au pays pour faciliter l’accès et le maintien en logement des personnes en situation d’itinérance. En me basant sur les données d’une démarche d’observation directe actuellement en cours au sein de deux équipes mobiles œuvrant dans le cadre d’un programme basé sur une approche Logement d’abord (à Gatineau et à Ottawa), je mettrai au jour une épreuve rencontrée quotidiennement par les intervenants dans leur travail et qui met en porte à faux ces outils de traçabilité et de vigile statiques. L’une des tâches centrales de leur travail consiste à chercher, repérer, trouver les personnes faisant partie de leur caseload, et ce même une fois logées. Que ce soit en sillonnant la rue, en laissant des messages sur le babillard des refuges, en sonnant chez elles, en se rendant aux organismes fréquentés, ou en appelant les services de détention, une grande part de leur « clientèle » - celle qui est précisément ciblée par le Logement d’abord - leur échappe continuellement; se rapprochant, selon leur expression, du « jeu du chat et de la souris ». L’expression «MIA» est également utilisée fréquemment et informellement par les intervenants à Ottawa pour déclarer qu’une personne est introuvable. Cette communication visera donc à réfléchir à cet enjeu d’invisibilité en regard des initiatives politiques de dénombrement et de traçabilité des personnes itinérantes.
Le phénomène de l’itinérance au Québec suscite de plus en plus d’intérêt au plan politique. Depuis les dernières années, différentes mesures ont vu le jour afin de lutter contre ce phénomène, telles que des plans d’action municipaux et régionaux, une politique nationale et plusieurs subventions gouvernementales. Dans cette foulée, certaines activités de dénombrement des personnes en situation d’itinérance ont eu lieu, notamment à Montréal, mais elles soulèvent des questionnements quant à la façon de procéder pour appréhender ce phénomène dans toute sa complexité. Devant l’ensemble de ces actions, il se dégage une reconnaissance politique et sociale des enjeux multifactoriels de l’itinérance (MSSS, 2014; Roy et Grimard, 2006). Or, les dispositifs d’intervention ne font pas l’unanimité, vacillant entre des réponses psychologisantes et structurelles ou préventives et réactionnelles. Les actions et études entamées mettent en lumière ces différentes tensions et démontrent que l’itinérance se complexifie par la diversité de ses visages (famille, personnes âgées, jeunes, minorités sexuelles, autochtones, itinérance rurale), reflétant en cela l’émergence de nouvelles réalités encore peu documentées. Ces nouvelles réalités entraînent la mise en place de pratiques novatrices et obligent les milieux universitaires à repenser leurs approches méthodologiques, provoquant ainsi une fragmentation des travaux scientifiques. Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser les différents savoirs sur l’itinérance et en discuter. Pour ce faire, nous rassemblerons des contributions autour de trois axes de réflexion : 1) les nouvelles réalités et les nouveaux visages de l’itinérance; 2) les paradigmes d’intervention et les pratiques novatrices en itinérance; et 3) les perspectives méthodologiques et théoriques émergentes pour comprendre l’itinérance.
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