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Stéphanie Croteau
Cette communication propose d’aborder la série Les Aventuriers de l’art moderne en s’attardant spécifiquement aux procédures esthétiques, présentées par les réalisatrices comme étant une « narrativisation visuelle » d’œuvres picturales et littéraires de la modernité artistique de 1900 à 1945 à Paris. Deux hypothèses seront proposées : les arts visuels (peinture, dessin, sculpture, etc.) réunis sous la loupe des réalisatrices partagent ensemble leur spécificité médiatique pour créer des images intermédiales complexes. Il s’agira d’observer comment ces échanges provoquent un jeu de devenirs entre ces arts, et déplacent le commentaire de la série originairement dédié aux grandes figures de l’art moderne du XXe siècle vers les capacités de l’image audiovisuelle à devenir elle-même un dispositif moderne, dans ses modes de représentation comme dans l’expérience esthétique proposée. Il s’agira de faire voir comment, au-delà du récit (et ses effets de sens désirés), qui s’attarde à raconter la vie sociohistorique et artistique parisienne de cette période par l’entremise d’images de l’Histoire et de ses moult représentations (archives documentaires, œuvres de l’histoire des arts, images créées pour la série, etc.), certains objets (visuels, littéraires), à de très rares occasions, s’associent ou se dissocient librement dans l’image. On verra ce que cette liberté engage comme conception singulière de la « modernité artistique », celle notamment théorisée par Jacques Rancière.
Les Aventuriers de l’art moderne » (réal. : Pauline Gaillard, Amélie Harrault, Valérie Loiseleux) est une série de six documentaires d’art, adaptée d’une chronique écrite par Dan Franck et diffusée sur Arte en 2015-2016. Centrées sur Paris, les différentes intrigues reposent sur une série de portraits croisés de peintres, d’écrivains, de cinéastes et d’intellectuels ayant vécu entre le début du 20e siècle et la Seconde Guerre mondiale. Le pari de la série consiste à tenir le format du film d’animation sur plus de cinq heures (six épisodes de 52 minutes) en ayant recours non seulement au dessin, mais aussi à des images d’archives (séquences d’actualité, documentaires, photographies, etc.), parfois utilisées comme des illustrations et parfois employées de manière beaucoup plus libre.
Le colloque que nous proposons sera l’occasion de considérer cette production audiovisuelle originale comme un point de départ permettant de développer une réflexion d’ordre méthodologique. Ainsi souhaitons-nous donner à voir comment une variété d’approches disciplinaires — approches culturalistes de la littérature et de l’art, histoire de l’art, étude des archives audiovisuelles, étude du cinéma d’animation, etc. —, éclairent certains aspects du film tout en en sous-estimant d’autres. De fait, en multipliant les points de vue, une compréhension plus fine de ce faisceau de productions artistiques (créations datant de la première moitié du 20e siècle, livres de Dan Franck, court-métrage d’Amélie Harrault et série télévisée) émergera et enrichira leur appréciation.
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