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Miren Aingeru Bugnot Tripoz : Université de Malaga
L’origine du thermalisme est traditionnellement associée à Epidaure affichant ses « stèles de guérison » divines, aux pratiques collectives que la Rome impériale impose dans les territoires conquis, et plus tard, aux séjours en villes d’eau. Ceux-ci pourraient même être le point de départ du phénomène touristique. La pratique aristocratique de la saison thermale à Bath au XVIIIe siècle, alliant la prise régulière d’eaux médicinales au bien-être et aux mondanités, lance un mode de vie qui se répand dans toute l’Europe dès la fin de ce siècle et trouve son apogée en France sous le Second Empire.
Notre cadre théorique est structuré par l'histoire culturelle qui aborde les représentations collectives propres à une société donnée et inclut l’analyse d’une attitude environnementale, des socio-langages et des imaginaires sociaux qu’elle véhicule, au moyen d’une démarche déductive et interprétative.
Nous centrons notre recherche d’abord sur les diverses causes du rayonnement des thermes dans la seconde moitié du XIXe siècle pour ensuite aborder leurs caractéristiques les plus marquantes, notamment leur accroche comme centres médicaux, les principales thérapeutiques dispensées aux malades et aux visiteurs et le langage qui cohésionne l’ensemble. Enfin, nous analyserons les conséquences significatives de leur implantation dans l’espace et dans la société en nous appuyant sur des documents publicitaires, éditoriaux ou littéraires de l’époque.
Selon l’Institut Fraser, on estime à 52 000 le nombre de touristes canadiens qui sont allés se faire soigner à l’étranger en 2014, une hausse de plus de 25 % par rapport à 2013. Mais les chiffres sont sans doute conservateurs, car tous les touristes ne déclarent pas spontanément aller se faire soigner outre-mer. Qui plus est, les statistiques officielles pourraient montrer les failles du système de santé canadien. Ce phénomène prend une ampleur croissante au Canada, comme le mentionnait un rapport de la firme de consultants Deloitte (Ostiguy, Purdy et Fam, 2011).
Cela dit, le Canada n’est pas le seul pays de départ des touristes qui partent se faire soigner vers le sud (Cuba, Costa Rica ou Mexique). Il existe aussi un tourisme nord-sud, mais on note aussi des flux de tourisme sud-nord ou ouest-est (Menvielle, Menvielle et Tournois, 2010). Novatrice, cette façon de voyager pour se soigner? Pas vraiment, puisque les formes de base du tourisme médical remontent à la Grèce, voire à l’Égypte ancienne, mais sont tombées en désuétude durant des siècles, pour ne renaître qu’avec la noblesse et la bourgeoisie au 19e siècle. Avec la démocratisation des coûts de transport et le tourisme de masse, cette forme de tourisme a peu à peu gagné en popularité (Menvielle et Menvielle, 2010).
Plusieurs questions se posent pour définir le tourisme médical sous ses différentes formes et pour savoir comment les différents acteurs liés de près ou de loin à ce phénomène peuvent intervenir. Ainsi naissent plusieurs enjeux qui constituent des thèmes à exploiter au sein de ce colloque :
– Enjeux géographiques : comprendre les facteurs d’attraction des pays;
– Enjeux psychologiques : mieux connaître le parcours d’achat de ce consommateur de soins;
– Enjeux médicaux : comprendre et définir les limites actuelles du système de santé;
– Enjeux éthiques : aspects que le consommateur de soins de santé doit prendre en compte avant d’aller se faire soigner outre-frontière.
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