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Madeleine Varlet : Université de Sherbrooke
Les élèves du secondaire rencontreraient des difficultés dans la compréhension de phénomènes biologiques (photosynthèse, régulation de la température, etc.) et à faire des liens entre les objets réels, empiriquement parlant, et les modèles (Barak et al. 2001). Le recours aux modèles et aux démarches de modélisation des biologistes pour appréhender la complexité de ces phénomènes (Legay, 1997) est-il employé dans l’enseignement ? La modélisation permettrait de concrétiser des situations abstraites, de les rendre intelligibles, et de plus, selon Treagust et al. (2004), elle amènerait l’élève à comprendre que les savoirs sont construits et ne représentent pas des copies conformes de la réalité. Le recours aux modèles est d’ailleurs intégré aux programmes d’études du secondaire (Gouvernement du Québec, 2003) qui soulignent que comprendre un phénomène, c’est aussi pouvoir l’expliquer à l’aide de modèles. Dans ce contexte, nous avons mené une étude de cas multiples impliquant 12 enseignants du secondaire et nous avons réalisé des entrevues semi-dirigées afin d’identifier les modes d’utilisation possibles des modèles (Varlet, 2013). Notre communication présente une partie des résultats touchant diverses stratégies didactiques dont les enseignants de biologie font usage et les ressources leur servant de support. Les résultats de l’analyse de contenu des entrevues font émerger trois modes d’utilisation des modèles et une prédominance du recours aux manuels scolaires et à l’Internet.
Depuis la fin du 20e siècle, les avancées technoscientifiques en lien avec le vivant soulèvent des questions. S’appuyant sur des modèles provenant de nombreuses disciplines biologiques pour comprendre et appréhender le vivant, certaines de ces avancées induisent des formes de maîtrise ou de façonnement du vivant. La place du vivant dans la recherche de solutions durables aux problèmes énergétiques, alimentaires ou de santé est au cœur des préoccupations, que ce soit pour préserver la biodiversité ou pour l’employer en tant que ressource. Ces différents buts et usages interpellent les scientifiques, les citoyens et les acteurs œuvrant dans le champ éducatif. Ouvrant la voie à des transformations du vivant, ces innovations interrogent nos rapports au vivant et remettent en question nos représentations de l’humain et ses relations avec les autres formes du monde vivant et non vivant.
À l’instar d’Atlan, n’avons-nous pas intérêt à considérer sérieusement la fin du tout génétique, pour repenser les enjeux médicaux et sociétaux de certaines pathologies au regard des interactions entre gènes et environnement ou mode de vie? Quel est l’intérêt et quelles sont les limites de la virtualisation du vivant offerte par les simulations et les modélisations informatiques grâce à la biologie de synthèse? Doit-on fabriquer du vivant et pour quelles finalités? Est-ce éthique de breveter le vivant? L’instrumentalisation du vivant est-elle une posture viable?
L’enseignement répond-il à la finalité d’une formation des futurs citoyens et citoyennes pouvant se positionner face à ces interrogations? Quels choix sont faits dans le champ éducatif pour positionner ces enjeux et par qui sont-ils réalisés?
Notre perspective est celle d’interroger d’une part les nouveaux enjeux et défis auxquels les éducations au vivant doivent faire face et, d’autre part, les nouvelles mises en œuvre convoquant un regard interdisciplinaire dans cette même voie d’une éducation au vivant.
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