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Le syndicalisme enseignant au Québec : enjeux, luttes, défis et précarité au sein du secteur public

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Anthony Desbiens : Université de Montréal

Résumé de la communication

Au Québec, le syndicalisme enseignant a émergé lors des années 1930 et son essor fut marqué par la contestation des institutrices rurales concernant l'imbrication de multiples phénomènes qui instauraient une dynamique de précarisation les affectant particulièrement (Rouillard 2004; Meunier et Piché 2012; Tardif 2013). Malgré les gains réalisés par les premiers syndicats du secteur de l'éducation (de la fin des années 30 jusqu'à la fin des années 70), de la démocratisation ainsi que la sécularisation du système d'éducation québécois, force est d'admettre que la précarité en emploi et au travail restent toujours des dimensions constitutives du métier d'enseignant.e. La communication présentée dans le cadre ce colloque porte sur les enjeux caractérisant les luttes menées par les enseignant.e.s québécois.es du secteur scolaire et public ainsi que les défis auxquels ils et elles sont confronté.es, notamment les précaires. En guise d'introduction, je ferai un bref retour historique concernant ces quatre aspects. Ensuite, en m'appuyant sur des travaux issus des champs de la sociologie et des sciences de l'éducation, j'exposerai les caractéristiques et l'impact de l'augmentation du travail atypique dans le secteur de l'éducation sur le syndicalisme enseignant en mobilisant notamment le concept de « quasi-marché » (Robertson 2005; Maroy 2008).

Résumé du colloque

Ce colloque aborde l’objet de recherche qui oriente le GIREPS depuis sa fondation : « le travail qui rend pauvre ». Plus spécifiquement, ce colloque sera l’occasion de présenter une réflexion transversale sur la production de travailleurs et travailleuses pauvres, et l’« injonction » de travailler qui les mobilise. À cet effet, nous proposons d’analyser le phénomène des travailleurs et travailleuses pauvres dans ses interfaces avec les transformations de l’action publique et des politiques sociales, d’une part, et les mutations du travail, les conditions d’emploi et les luttes sociales, d’autre part.

Trois axes structurent ce colloque et feront l’objet d’introductions spécifiques, puis de communications ou de tables rondes. À travers le premier axe, nous nous intéresserons aux effets des politiques sociales sur les mutations du travail et de l’emploi, et la précarisation. À cet égard, le colloque accueillera des réflexions sur les réformes au régime d’assurance-emploi, mais également sur la transformation de l’assistance sociale ou sur toute autre politique ayant des incidences sur les travailleurs et travailleuses à bas salaire (revenu minimum garanti, chèque emploi-service, réglementation concernant UBER). Le deuxième axe abordera plus spécifiquement les différents régimes d’exploitation qui se mettent en place actuellement et proposera de les problématiser en termes d’imbrication des rapports sociaux. Il sera l’occasion d’expliciter la construction institutionnelle de régimes de travail contraint réservés à des travailleurs immigrants permanents et migrants temporaires, puis de revenir sur des enjeux de définition du travail et de mettre notamment en évidence les apports spécifiques des critiques féministes dans l’analyse des processus en cours à travers des réalités encore peu étudiées. Le débat sur les stages non rémunérés en milieu de travail sera abordé dans le cadre d’une table ronde. Enfin, le troisième axe de ce colloque cherchera à proposer des réflexions sur les modes de résistance et les luttes collectives dans le contexte actuel de précarisation des marchés du travail en analysant les actions se déployant à la marge du salariat classique ainsi que l’action collective dans le secteur public et dans le milieu communautaire.

Ce colloque vise à contribuer à l’avancement des connaissances sur les travailleurs et travailleuses pauvres dans une perspective pluridisciplinaire. En se saisissant de cet objet de recherche à partir des méthodes et des cadres théoriques provenant de différentes disciplines des sciences sociales (sociologie, études féministes, sciences juridiques, relations industrielles), l’objectif sera non seulement de croiser les savoirs produits sur trois thèmes particuliers (politique sociale et travailleurs et travailleuses pauvres, régimes d’exploitation et action collective), mais également de proposer une réflexion autour des enjeux actuels touchant les travailleurs et travailleuses au bas de l’échelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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