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Virginie CHASLES : Université Jean-Moulin-Lyon-III
Les dernières décennies ont été marquées par la croissance du « tourisme médical ». Les patients allant se faire soigner à l’étranger sont ainsi toujours plus nombreux. On fait aussi le constat d’une diversification des destinations. D’un point de vue géographique, on voit donc se dessiner une cartographie du tourisme médical toujours plus complexe. A cette diversité spatiale, s’ajoute également une diversité des profils sociaux et sanitaires de ces « touristes médicaux ».
A travers l’exemple de l’Inde, cette présentation vise donc à montrer l’hétérogénéité des profils des « touristes médicaux », la pluralité de leurs besoins, et aussi leur relation différentielle avec le lieu de prise en charge. Certains de ces patients ont une vision très fonctionnaliste des lieux de prise en charge et se préoccupent avant tout de la qualité et du coût des soins. D’autres recherchent des lieux de plus grande liberté, dans lesquels ils pourront accéder à des soins interdits dans leur propre pays. Enfin, des patients s’attachent davantage à la charge symbolique et émotionnelle proposée par ces lieux (ce qui renvoie à la notion de « paysage thérapeutique »).
Les facteurs d’attractivité de l’Inde sont donc multiples et ne renvoient pas simplement à des préoccupations matérielles. Au contraire, ce qui est attractif est parfois invisible (« souplesse » du cadre législatif, attachement au lieu) mais n’en demeure pas moins majeur pour comprendre les dynamiques du « tourisme médical ».
Selon l’Institut Fraser, on estime à 52 000 le nombre de touristes canadiens qui sont allés se faire soigner à l’étranger en 2014, une hausse de plus de 25 % par rapport à 2013. Mais les chiffres sont sans doute conservateurs, car tous les touristes ne déclarent pas spontanément aller se faire soigner outre-mer. Qui plus est, les statistiques officielles pourraient montrer les failles du système de santé canadien. Ce phénomène prend une ampleur croissante au Canada, comme le mentionnait un rapport de la firme de consultants Deloitte (Ostiguy, Purdy et Fam, 2011).
Cela dit, le Canada n’est pas le seul pays de départ des touristes qui partent se faire soigner vers le sud (Cuba, Costa Rica ou Mexique). Il existe aussi un tourisme nord-sud, mais on note aussi des flux de tourisme sud-nord ou ouest-est (Menvielle, Menvielle et Tournois, 2010). Novatrice, cette façon de voyager pour se soigner? Pas vraiment, puisque les formes de base du tourisme médical remontent à la Grèce, voire à l’Égypte ancienne, mais sont tombées en désuétude durant des siècles, pour ne renaître qu’avec la noblesse et la bourgeoisie au 19e siècle. Avec la démocratisation des coûts de transport et le tourisme de masse, cette forme de tourisme a peu à peu gagné en popularité (Menvielle et Menvielle, 2010).
Plusieurs questions se posent pour définir le tourisme médical sous ses différentes formes et pour savoir comment les différents acteurs liés de près ou de loin à ce phénomène peuvent intervenir. Ainsi naissent plusieurs enjeux qui constituent des thèmes à exploiter au sein de ce colloque :
– Enjeux géographiques : comprendre les facteurs d’attraction des pays;
– Enjeux psychologiques : mieux connaître le parcours d’achat de ce consommateur de soins;
– Enjeux médicaux : comprendre et définir les limites actuelles du système de santé;
– Enjeux éthiques : aspects que le consommateur de soins de santé doit prendre en compte avant d’aller se faire soigner outre-frontière.
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