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Les Autres dans l’analyse de pratique, des aides au développement de l’éthos professionnel?

CG

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Christophe Gremion : Haute école fédérale en formation professionnelle

Résumé de la communication

Lorsqu’un formateur accompagne la pratique d’une personne en formation, il se retrouve face à un dilemme récurrent : prendre une posture prescriptive (Gervais, 1995) - au risque que l’étudiant applique simplement une norme (Gremion, 2016) – ou adopter une posture interprétative – au risque que l’étudiant renormalise son action selon des valeurs qui ne sont pas en accord avec l’éthos porté par la profession visée (Jorro, 2016).

Entre le tout réflexivité sociale (Kaufmann, 2001) qui conduirait à une réflexivité par confirmation (Boltanski, 2009) et le tout réflexivité individuelle qui représente le cœur de la réflexivité par la critique, un dialogue peut s’établir pour permettre l’émancipation et la socialisation de l’individu.

Cette recherche s’appuie sur une hypothèse de départ : en multipliant les regards entre pairs sur la pratique et en privilégiant des évaluations mutuelles (Allal, 1999) conceptuellement étayées en lieu et place d’une co-évaluation parfois normative, le sujet se retrouve à faire des choix argumentés et respectant des valeurs partagées entre professionnels, ce qui contribue à sa professionnalisation et à son émancipation. Nous interviewons des personnes engagées dans un dispositif de formation dans lequel l’évaluation de la pratique est entièrement déléguée aux personnes en formation elles-mêmes, et par une analyse de leurs discours, tentons de voir dans quelle mesure un tel dispositif, s’appuyant sur la réflexivité collective entre pair, permet ce dialogue entre réflexivité sociale et individuelle au service de l’émancipation.

Résumé du colloque

De nombreuses formations visent à favoriser la réflexivité (Donnay et Charlier, 2008) dans différents champs professionnels — éducation (Charlier et coll., 2013 ; Tardif et coll., 2012; Vacher, 2015), santé (Ghaye, 2006), psychologie (Scaife, 2010), ingénierie (Rouvrais, 2013). Les deux précédents colloques à l’Acfas (2015, 2016) ont analysé les liens entre réflexivité, expérience déstabilisante et changement d’une part, et réflexivité, compétences, identité d’autre part.

Nous différencions réflexion et réflexivité (Donnay et coll., 2008). Réfléchir, dans le deuxième sens, c’est mettre en mental, adopter une position méta par rapport à la situation, grâce à un système de représentations (souvent le langage). La réflexivité (Schön, 1994) permettrait au praticien d’adopter une posture d’extériorité en se distanciant d’une partie de la situation : la personne regarde la situation de l’extérieur pour tenter de l’objectiver, mais réalise aussi un retour sur elle-même, se regardant agir en situation et analysant les surdéterminations qui contribuent à structurer son rapport à sa pratique et aux acteurs concernés. Cette posture d’extériorité est facilitée par un tiers : personnes ou grilles de lecture.

Les dispositifs de formation à la réflexivité sont nombreux, sans compter ceux non documentés dont la visée est de faire réfléchir, mais qui ne s’affichent pas ainsi (Chaubet et coll., 2016). La réflexivité est souvent pratiquée en groupe selon des méthodologies diverses. Dans le cadre de ce colloque, dans la continuité des deux précédents, nous interrogerons les processus en jeu dans ces situations de formation en groupe, ainsi que les effets de ces dispositifs collectifs. Quels sont les éléments du dispositif collectif qui favorisent la réflexivité? En quoi? Comment? Quelle est la dimension affective de ces processus? Quel est le rôle de l’Autre ou des Autres? Quelles sont les dimensions cognitives, affectives, professionnelles et identitaires touchées?

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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