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Selma TANNOUCHE BENNANI : Université de Sherbrooke
Les cohortes d’immigrants maghrébins arrivés au Québec entre les décennies 1970 à 1990 arrivent aujourd’hui progressivement à l’âge de la retraite. Pour la plupart issus de la catégorie de l’immigration économique, leurs motivations à quitter le Maghreb dépassaient toutefois les seules raisons économiques, leur objectif étant plus globalement d’améliorer leurs conditions de vie ainsi que celles de leurs enfants. Ces Maghrébins ont choisi le plus souvent Montréal comme lieu de vie, ville devenant le lieu d’un parcours migratoire débutant par de multiples difficultés d’insertion professionnelle. Montréal devient aussi pour eux la ville témoin de leur adaptation et de leur réussite, accomplies au fil des années passées sur leur terre d’accueil. Cette présentation vise à dessiner un portrait de leurs trajectoires professionnelles au sein de leur ville d’adoption, entre leur arrivée au Québec et l’aube de leur retraite. Les résultats qui seront exposés sont tirés d’une enquête de terrain réalisée durant l’année 2016, au cours de laquelle 24 récits de vie ont été réalisés auprès de Marocain.e.s, Algérien.ne.s et Tunisien.ne.s âgé.e.s de plus de 50 ans et vivant à Montréal depuis plus de 20 ans. De ces heures de discussion en face à face avec des femmes et des hommes aux divers profils ressort un sentiment d’appropriation de la ville, venant nourrir leur sentiment d’appartenance à Montréal et au Québec.
Ce colloque veut s’attarder aux récents développements sur la question du rapport entre les immigrants et la ville dans la recherche universitaire aussi bien que dans le cadre du travail communautaire.
La littérature universitaire et la littérature grise récentes font état de l’urbanisation très marquée de l’immigration; selon certains travaux, les nouveaux immigrants et ceux de longue date ont tendance à s’installer dans des grandes villes, et dans certaines villes occidentales « les migrants représentent plus du tiers de la population » (OIM, 2015).
Au Canada, il se profile le même scénario quant à la répartition des immigrants sur le territoire national. Selon les statistiques officielles (CIC, 2005 ; MIDI, 2015), les grands centres urbains attirent une large proportion des immigrants qu’ils soient arrivés récemment ou installés de longue date. En effet, « la plupart des immigrants vivent dans les grandes villes, et s’y concentrent de plus en plus. Plus de 60 % des immigrants et 70 % des immigrants récents vivent dans les trois plus grandes villes du Canada, soit Toronto, Montréal et Vancouver » (CIC, 2005).
Cette urbanisation de l’immigration contribue à créer des villes très diversifiées (super-diverse) (Vertovec, 2007), mais où l’installation et la vie quotidienne des immigrants est soumise à plusieurs défis. Nonobstant l’apport positif et bénéfique de l’immigration sur le plan socioéconomique, la situation des immigrants dans les grandes villes d’immigration pose encore quelques problèmes liés principalement à l’accès et à l’accessibilité de certaines ressources comme le logement et l’emploi, mais l’aspect le plus sensible reste le vivre-ensemble et la cohabitation entre immigrants et natifs.
Dans le cadre de ce colloque, nous voulons discuter et valoriser les travaux récents de chercheurs canadiens et internationaux qui ont examiné ce rapport sous différents angles et avec des approches diversifiées.
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