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Les mains, le visage de Sarah Kofman

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Cristina MORAR : IUF-Institut universitaire de France

Résumé de la communication

Dans le post-scriptum à Paroles suffoquées (1987), « Les “mains” d’Antelme », Sarah Kofman insiste pour accompagner la puissante figure nietzschéenne qui éclairait son cheminement jusqu’alors par celle d’Antelme. Témoignant avec une lucidité déconcertante de la souffrance des camps, il appelle à l’inéluctabilité de réaffirmer la vie humaine que la logique hitlérienne mortifère n’est pas arrivée à faire disparaître. Au point de cette rencontre qu’est l’affirmation de la vie, Kofman fait se rejoindre Nietzsche et Antelme (Kofman, 1996, 151). Et c’est dans cet entre-deux qu’il faut chercher la voix de la philosophe, fut-elle la parole muette que ses dessins non signés, qui accompagnent son travail philosophique, mettent en valeur (Boutibonnes, 2010). Deux motifs sont au cœur de la pensée éthique kofmanienne : la parole impuissante qu’est l’écriture littéraire, qui accueille et donne expression à la présence silencieuse d’autrui dans le témoignage d’Antelme (Kofman, 1987, 57), et la figure des « mains », dernier signe de solidarité dans les camps, que la philosophe elle-même dessinait sans cesse lorsque enfant cachée durant la guerre. Ce sont ces mains par où passent les gestes de la sollicitude qu’il s’agira ici de mettre en valeur. On se demandera si ce n’est pas là une figuration autrement radicale du « visage » levinassien, qui exprime chez lui l’infini de la personne humaine.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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