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Les PME croient-elles aux données massives (big data)?

CM

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Christian Marcon : Université de Poitiers

Résumé de la communication

A l’heure de l’emballement des discours entrepreneuriaux favorables à l’exploitation des données massivement disponibles, dites big data, présentées comme prometteuses de réussite, les entreprises pourraient légitimement faire preuve de réserve. Après tout, elles sont régulièrement confrontées à des modes managériales annonciatrices de lendemains rentables, à l’image de la vogue du knowledge management dans les années 2000, dont les performances réelles appellent circonspection. Mais pour prendre de la distance, encore faudrait-il qu’un autre discours, scientifique, puisse offrir de la matière à s’interroger, sous l’angle précisément de la performance et des modalités et limites de la mise en œuvre. Or ce discours n’existe pas encore en France. L’heure y est encore aux questions plus prospectives, éthiques et anthropologiques.

Les petites et moyennes entreprises françaises sont particulièrement exposées à ce phénomène. Sous le feu des messages commerciaux et de leurs organisations professionnelles, elles s’interrogent sans doute, sans que l’on dispose de véritable étude de leur compréhension de la notion de big data, de leurs discours sur le sujet, des pratiques qu’elles peuvent avoir engagées, de leurs choix, leurs attentes, la manière dont elles envisagent de mesurer le retour sur investissement si elles ont choisi de s’y engager. Notre communication propose les résultats d’une étude qualitative en cours auprès d’un groupe de 30 PME régionales.

Résumé du colloque

Le sujet de ce colloque porte sur les méthodes et stratégies de gestion de l'information par les organisations dans un contexte de production de données massives (big data). Nombreuses sont les organisations qui cherchent des méthodes, stratégies afin de « faire parler » ces données et ainsi orienter leurs stratégies, leurs prise de décision, etc. Les big data fascinent du fait des potentialités qu’elles laissent entrevoir en terme de performance organisationnelle. Cependant, cela soulève des enjeux techniques, méthodologiques, organisationnels, communicationnels et éthiques auxquels il faut réfléchir. Face à l’accumulation de données massives en milieu organisationnel, l’approche privilégiée pour en tirer un sens est celle de l’analyse quantitative en vue de s’en servir pour la prise de décision. Ceci conduit à l’idée dangereuse que des données statistiques seraient plus utiles et objectives et contribueraient à rendre les organisations plus efficaces et rentables. Toutefois, cette accumulation de données chiffrées analysées statistiquement est limitée par l’absence d’un contexte significatif riche, qui pour sa part est généré par une accumulation d’éléments non chiffrés, non quantifiables, non structurés et donc difficilement mesurables, de type socio-culturel (thick data), qui doivent être étudiés par une analyse qualitative. Cette rencontre entre les big data et les thick data peut générer l’information actionnable et compléter la perspective qu’une organisation doit avoir de son environnement et l’aider à mieux orienter ses voies d’action. La gestion des données massives n’est pas uniquement une question d’outils mais de stratégies et cela nécessite qu’une réflexion soit menée sur les stratégies et méthodes mises en œuvre par les organisations pour traiter, visualiser et « faire sens » de leurs données afin de pouvoir agir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 12 mai 2017

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