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Corinne Lajoie : Université de Montréal
Dans la Phénoménologie de la perception, Maurice Merleau-Ponty introduit le concept de niveau spatial pour décrire un type d’ancrage à la mesure duquel le sujet perceptif évalue normativement sa prise sur le monde et s’oriente pré-réflexivement dans l’espace. Ses analyses décrivent souvent la vie intentionnelle du sujet comme un dialogue réussi avec les sollicitations du monde perceptif. À l’inverse du sujet pathologique, le sujet ‘normal’ trouve habilement sa prise sur le monde et le constitue activement. L’analyse merleau-pontienne du concept d’orientation spatiale joue un rôle clef dans ces descriptions. Un corps optimalement orienté navigue habilement dans son milieu perceptif et il conçoit l’horizon de dévoilement éventuel des objets qui lui sont donnés en vertu d’une intentionnalité motrice désinhibée. Or, il est possible que le caractère mélodique de l’expérience achoppe et qu’un corps devienne désorienté. Nous sommes d’avis que certains corps (féminins, trans, racisés, etc.) y sont davantage exposés que d’autres. Ainsi, la phénoménologie queer et féministe interroge le privilège accordé à l’expérience paradigmatique du sujet masculin et met en lumière la diversité et la particularité des types d’expériences incarnées qui composent le monde. Avec un angle queer et féministe, (cf. Young, Diprose, Halberstam, Ahmed, Weiss), nous présenterons l’expérience du corps féminin dans l’espace à travers le prisme du concept merleau-pontien d’orientation.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :