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Nouveaux regards, nouveaux savoirs : les études féministes au Québec

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Francine Descarries : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans la mouvance sociale qui a marqué le développement de la société québécoise depuis la fin des années 1960, les études féministes s’inscrivent dorénavant dans l’univers des sciences de l’Homme en tant que perspective théorique critique, champ disciplinaire de production de connaissances et projet sociopolitique de changement. Rejetant l’aveuglement des idéologies et des théories qui ont historiquement dit et pensé les femmes en dehors de leur véritable réalité et sans tenir compte de la diversité de leurs expériences et besoins, en filiation ou en opposition avec diverses traditions des sciences humaines, les féministes ont progressivement proposé de nouveaux regards et occupé différents espaces de recherche avec l’objectif de déconstruire la dimension naturalisée et sexuée des processus à l’origine des hiérarchies sociales. En prenant comme fil conducteur de la réflexion les différentes phases de développement des études féministes au Québec, et plus particulièrement de la sociologie féministe, la présente contribution propose de retracer les grammaires et influences féministes à l’origine de l’actuel foisonnement de concepts, de thèmes et de débats au sein de l’espace féministe québécois.

Résumé du colloque

Dans un récent article, la sociologue Monique Hirschhorn (2016, p. 288) revient sur la constitution, devenue malaisée, d’une sociologie de la société française, cet « objet encombrant, difficile à saisir et [actuellement] peu valorisé ». Au Québec, Fernand Dumont (1962, p. 278) fut l’un des premiers dans les années 1960 à constituer le Québec comme société globale à partir de « mécanismes par lesquels [elle] a tâché de se donner une représentation d’ensemble ». Dans la foulée, des exercices de synthèse ont aussi été réalisés sur le Canada français et le Québec depuis le collectif Essais sur le Québec contemporain (1953) dirigé par Jean-Charles Falardeau jusqu’à la publication en 1984 de Continuité et rupture. Les sciences sociales, dirigée notamment par Georges-Henri Lévesque, Guy Rocher et Jacques Henripin. Chaque fois, la mise en objet du « Québec » ou de la « société québécoise » soulève divers problèmes; encore aujourd’hui, ses contours ne vont pas de soi. En outre, plus récemment, c’est la pertinence, la visibilité ou la légitimité même de l’objet Québec qui semble mise en cause dans certains secteurs des sciences sociales.

L’objectif de ce colloque n’est pas de ressusciter les exercices de synthèse d’autrefois. Il s’agit plutôt, à titre d’historien et de sociologue, de délimiter un espace de dialogue sur cet objet fortement polysémique, face auquel les chercheurs et chercheures en sciences sociales n’emploient pas un langage commun, et ne l’ont sans doute jamais fait. L’objectif du colloque est donc de se questionner sur la construction de l’objet Québec dans les différentes sciences sociales. Que faut-il entendre par l’objet Québec? Quelles sont les difficultés à constituer le Québec comme société? Quel est l’état de l’enseignement sur le Québec au sein des universités québécoises? Comment se réalise la production de l’objet Québec à partir d’analyse de cas concrets et suivant les différentes disciplines des sciences sociales? Et quels sont les obstacles, mais aussi les incitatifs, à une discussion élargie sur cet objet ? À partir de quels « mécanismes » est-il aujourd’hui possible d’en rendre compte? S’il est désormais admis que le social est localisé, et non pas tant local, comment localiser socialement le « global »?

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
manager icon Responsables :
Julien Prud'homme
section icon Date : 12 mai 2017

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