Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Remy Besson : Université de Montréal
Les images d'archives sont souvent considérées pour leur capacité à représenter ce qui s'est passé. Les sources audiovisuelles sont alors valorisées pour leur transparence. Pour le dire autrement, en s'effaçant en tant qu'inscription médiatique, elles produisent des effets de présence. Cependant, certaines séquences ont tellement circulé dans l'espace public qu'elles se donnent, au contraire, à voir en tant qu'images cinématographiques. Une forme d'opacification est ainsi à l'oeuvre dans le temps suivant la prise de vue. Les images sont alors perçues en tant que telles par le spectateur. C'est cette tension jamais véritablement résolue qui sera étudiée à travers le cas du 6ème épisode de la série. Plus précisément, nous essayerons d'identifier des gestes créateurs effectués lors du montage de ces séquences (re)connues. Pour cela nous ferons des liens avec le document audiovisuel conservé en archives et d'autres montages des mêmes plans. Cela conduira in fine à une réflexion portant sur une forme d'écriture audiovisuelle de l'histoire par le (re)montage.
Les Aventuriers de l’art moderne » (réal. : Pauline Gaillard, Amélie Harrault, Valérie Loiseleux) est une série de six documentaires d’art, adaptée d’une chronique écrite par Dan Franck et diffusée sur Arte en 2015-2016. Centrées sur Paris, les différentes intrigues reposent sur une série de portraits croisés de peintres, d’écrivains, de cinéastes et d’intellectuels ayant vécu entre le début du 20e siècle et la Seconde Guerre mondiale. Le pari de la série consiste à tenir le format du film d’animation sur plus de cinq heures (six épisodes de 52 minutes) en ayant recours non seulement au dessin, mais aussi à des images d’archives (séquences d’actualité, documentaires, photographies, etc.), parfois utilisées comme des illustrations et parfois employées de manière beaucoup plus libre.
Le colloque que nous proposons sera l’occasion de considérer cette production audiovisuelle originale comme un point de départ permettant de développer une réflexion d’ordre méthodologique. Ainsi souhaitons-nous donner à voir comment une variété d’approches disciplinaires — approches culturalistes de la littérature et de l’art, histoire de l’art, étude des archives audiovisuelles, étude du cinéma d’animation, etc. —, éclairent certains aspects du film tout en en sous-estimant d’autres. De fait, en multipliant les points de vue, une compréhension plus fine de ce faisceau de productions artistiques (créations datant de la première moitié du 20e siècle, livres de Dan Franck, court-métrage d’Amélie Harrault et série télévisée) émergera et enrichira leur appréciation.
Titre du colloque :
Thème du colloque :