Appliquée au continent africain, la conception de la gouvernance est plurielle selon les pays étudiés et leurs histoires respectives. La question de la « bonne gouvernance » suscite à la fois des débats enrichissants et une certaine méfiance voire défiance liée aux mauvaises pratiques et à la volonté d’imposer des modèles extérieurs qui ne sont pas toujours adaptés aux réalités économiques, sociales ou politiques des pays concernés. En Centrafrique, la « mal-gouvernance », liée à l’insécurité, la corruption, la disparition de l’Etat de droit et à la faillite de l’économie, a contribué aux dysfonctionnements des Institutions et à l’instauration d’une culture de la défiance à l’égard des dirigeants, des administrations et des pouvoirs en place voire des médias. A partir d’un état des lieux de la gouvernance globale en Centrafrique (i.e., politique, administrative, locale et démocratique), cet article vise à montrer l’intérêt de la repenser, comme un système, en questionnant les principaux niveaux d’interaction de la confiance vs défiance dans la société centrafricaine, à savoir l’état de confiance vs défiance :1) envers la société civile, 2) envers les médias, 3) envers les Institutions/Administrations publiques, 4) envers les politiques et l’Etat. Cette grille de lecture de la gouvernance à travers le prisme de la confiance vs défiance à ces différents niveaux d’interaction permet de comprendre la complexité de la gouvernance en Centrafrique et de proposer des pistes de réflexion autour de dispositifs à mettre en œuvre pour la renouveler.
Ce colloque traite des récents développements et des sujets émergents en matière de gouvernance. La gouvernance, comme thématique transversale, est abordée dans tous ses aspects : gouvernance d’entreprise, gouvernance économique, gouvernance publique, en lien avec la création de valeur ou la performance des organisations, des politiques ou des programmes concernés. Dans chacun des contextes, les travaux souligneront l’effet des mécanismes de gouvernance sur la performance des organisations, institutions ou collectivités.
La perspective internationale du colloque a pour but d’examiner les modèles et structures de gouvernance présents dans différents pays et dans les différentes organisations, selon que ces modèles dépendent fortement du système juridique, du modèle économique et social, ainsi que le poids relatif des différentes parties prenantes. Les contributions sont donc attendues des chercheurs et professionnels de plusieurs champs disciplinaires, notamment les sciences économiques, les sciences juridiques, les sciences politiques, la comptabilité, la finance, l’administration et la stratégie.