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Monique NOËL : Université de Montréal
Perdu dans Bénarès, confronté aux dures réalités de la vie quotidienne des enfants des rues en Inde, un adolescent québécois découvre les castes, le dharma, le karma, la belle Ravinya et les rats. Dans ce roman coup-de-poing écrit par le globe-trotteur Camille Bouchard, le héros souffre d’un déphasage culturel : il ne retrouve pas ses repères dans des domaines aussi vitaux et variés que l’alimentation, les comportements, la manière de vivre, la relation à l’autorité, la relation entre les pairs, la relation entre les sexes... Dans un premier temps, en empruntant à la sociologie, et en opposant les deux extrêmes du système des castes en Inde, nous décrirons l’incidence des facteurs sociaux sur l’intrigue et sur le personnage principal qui va vivre la culture de l’Autre de l’intérieur : par exemple, la loi vue sous l’angle de la police, du crime organisé et de la religion, ainsi que l’organisation des biens et services. Nous verrons comment l’Autre devient, pour cet adolescent, le support d’une série de constructions, d’imputations, de projections, aussi bien dans sa connaissance que dans sa méconnaissance (Jodelet, 2005, p. 28). Ensuite, dans ce récit fictionnel au je, nous examinerons le discours évaluatif du personnage principal selon les trois vecteurs suivants : 1) le regard; 2) le langage; 3) le travail (Hamon, 1984, p.125 et Jouve, 2001, p. 26). Ceux-ci agiront comme révélateurs de sa curiosité, de son attirance, de sa peur, de son incompréhension, de son indignation, de sa passion. Enfin, sans minimiser le plaisir de la lecture, nous nous questionnerons sur l’engagement idéologique, politique et esthétique de l’auteur (Benert et Clermont, 2011) ainsi que sur les apports de la littérature de jeunesse et de L’intouchable aux yeux verts en particulier : outil d’éveil de la conscience et d’éducation interculturelle, d’éducation à la vie, au destin et à la mort (Eco, 2002)?
L’an dernier, dans le cadre du colloque 549 de l’Acfas intitulé « Représentations de l’Étranger en littérature de jeunesse francophone et dans son enseignement », de nouvelles questions ont émergé à la suite des communications présentées, tant dans le champ de la littérature de jeunesse que dans celui de la didactique du français. Ainsi, les éléments de réflexion soulevés concernent la représentation de la diversité culturelle dans le corpus de littérature de jeunesse ainsi que les œuvres écrites et illustrées par des auteurs issus des minorités culturelles. Ils concernent également l’utilisation de la littérature en classe comme vecteur d’inclusion, tant pour mieux comprendre la société d’accueil que pour s’initier à celle de nouveaux arrivants d’horizons divers. Dans la foulée des travaux entamés en 2016, les contributions à ce colloque permettront d’observer la littérature de jeunesse selon deux angles complémentaires : 1) la production des œuvres, par les auteurs, les illustrateurs et les éditeurs; et 2) la réception, par les élèves lecteurs du primaire et du secondaire lors de l’enseignement et de l’apprentissage. En ce sens, les communications proposées devront s’inscrire dans l’un ou l’autre des quatre axes suivants :
Axe 1 — Représentation de différentes communautés culturelles dans la littérature de jeunesse.
Axe 2 — Auteurs, illustrateurs et éditeurs minoritaires dans le paysage littéraire francophone.
Axe 3 — Enseignement de la culture d’accueil au moyen de la littérature de jeunesse.
Axe 4 — Pratiques d’enseignement avec la littérature de jeunesse pour découvrir la diversité culturelle.
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