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Emilia Angelova : Université Concordia
J’aimerais proposer un dialogue entre Husserl et Young, via Kristeva, à partir de leur phénoménologie du temps. Pour ces penseurs, l’histoire n’est pas une succession de faits mais est ouverte par un évènement. Ce qui est moins évident, c’est que le phénomène de l’amour est la meilleure façon de phénoménaliser le temps et ce à partir de quoi il se révèle. Nous prendrons l’acte intentionnel et sa représentation langagière comme l’unité d’un « je peux » : comme effort de saisir et de rendre rationnel ce qui est donné dans le sensible et comme expression d’un sujet en procès. En tant qu’être-parlant, le sujet est ancré dans un sens de l’« intime », qui est un souci pour le seuil qui est à la fois une limite de l’affectivité et du discours, du lien social et de l’être historique. Nous montrerons la façon dont se phénoménalisent temporellement les actes langagiers à travers le phénomène de l’amour, et plus particulièrement de l’amour maternel. Pour illustrer notre propos, nous prendrons l’œuvre récente de Beata Stawarska, Between I and You, qui y isole un prérequis critique que doivent contenir les études portant sur les relations dialogiques avec les enfants. Pour qu’il y ait dialogue, il doit y avoir une alternance des tours de paroles et une alternance entre le son et silence. Même si nous pouvons nous entendre nous-mêmes parler, parler et entendre est nécessairement un phénomène à voix unique, qui doit donc se développer en une structure séquentielle plutôt que simultanée.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
Titre du colloque :