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Marie-Alix Molinié-Andlauer : Sorbonne Université
Dans cette communication, le lieu du religieux sera compris comme un lieu dans lequel les comportements et les représentations y sont semblables, c’est-à-dire les musées. Qualifiés de « nouvelles cathédrales » (Rasse, 2017), ils participent aujourd’hui à la visibilité du territoire.
En s’intéressant plus spécifiquement au Louvre, c’est un « emblème territorial » (Lussault, 1998, 2003 ; Gilli, Offner, 2009) symbolique qui est mobilisé. Ce musée relève à la fois du sacré (Caillois, 1950 ; Eliade, 1965 ; Tarot, 2008), car consacré à l’Art (Lahire, 2015), et de l’évènement (Chaudoir, 2007), par sa capacité à se réinventer et à concilier « patrimoine et modernité » (Poulot, 1998). Mais quelle est sa relation avec son territoire proche ? En effet, sa visite incontournable pour les visiteurs l’inscrit dans un pèlerinage culturel certifiant son expérience parisienne dans ce « temple spectaculaire » (Mairesse, 2002). Cependant, ce « flagship » (Zukin, 1995) induit d’autres comportements de la part de visiteurs, créant un décalage entre ses représentations et ses appropriations. La méthodologie, par le biais d’une analyse des « représentations » (di Méo, 1998) questionnera la territorialité du Louvre. Ainsi, des retours d’expériences de visiteurs (photographies sur Twitter et discours produits sur TripAdvisor) seront analysés et complétés par une enquête réalisée dans le cadre d’une thèse sur la représentation du Louvre du jeune public francilien à partir de de cartes mentales.
En analysant le religieux au prisme des espaces, les sciences humaines et sociales ont rendu compte de nombreuses dynamiques et de leurs évolutions, comme la territorialisation des communautés et de leur implantation, la géopolitique des religions, ou encore la symbolique des rapports aux espaces de déploiement des religions (Hervieu-Léger, 1999). Notion centrale en géographie, l’espace a fait plus récemment l’objet d’une réflexion et d’une théorisation dans les autres disciplines scientifiques, ouvrant à des dialogues herméneutiques, théoriques et méthodologiques féconds (p. ex., Löw, 2015). Aussi, depuis les années 1990, dans le champ des sciences sociales des religions, un renouvellement des approches et des objets a-t-il pu être observé. Si l’ancrage territorial reste présent (p. ex., enjeu de construction de lieux de cultes, lieux de pèlerinages, mémoire et patrimonialisation), son étude a pu changer d’échelle et voir ses frontières explorées (p. ex., religion vécue et ordinaire, liens avec la communauté nationale, effets des transnationalisations sur les communautés religieuses, frontières espace public/espace privé). Les espaces sont également analysés dans leurs dimensions relationnelles ou culturelles (p. ex., espaces religieux genrés, espaces culturels, vie intérieure/extériorité). L’émergence du numérique (Digital Religion…) interpelle quant aux rapports aux lieux et aux espaces.
Aussi, ce colloque propose-t-il d’étudier les espaces du religieux. Ouvert aux différents champs disciplinaires, il prendra en compte aussi bien les espaces traditionnels des religions (les communautés et leurs développements, les espaces de production doctrinaux), que les espaces négociés par les religions (relations entre religions et espace public par exemple) ou les nouveaux espaces du religieux (sphère numérique).
Références :
Hervieu-Léger, D. 1999. La religion en mouvement : le pèlerin et le converti. Paris, Flammarion.
Löw, M. 2015. Sociologie de l’espace. Paris, MSH.
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