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Sylvie Hogue : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Cette recherche heuristique s’ancre dans une écriture à la première personne. Devant le retour des évènements du passé et les situations-limites de mon existence, je suis invitée à transiter par des thèmes comme le deuil, la colère et les séparations. Donnant un caractère autobiographique à ma recherche, j’explore les voies de sortie de la crise : un langage communicable permettant la sortie de l’errance de sens. Du rejet à l’inclusion de l’autre, celui qui est perçu dans mon histoire passée comme une menace me contraignant à l’impuissance, je cherche les racines de ma propre humanité : l’accueil, la bienveillance et le respect de l’amour à soi et de l’autre dans la parole d’oraison. À partir de mes blessures existentielles et de mes particularités cognitives, je crée le corpus des données. Le geste de l’artiste me permet de vous présenter les procédés méthodologiques et épistémologiques de la recherche. Ce mouvement d’existence et de vie neuve m’ouvre à l’exploration de ma communicabilité singulière. En instaurant une démarche à l’esprit phénoménologique et herméneutique, je vis ma compréhension dans émergence d’un présent de l’expérience de l’écriture, geste éthique de « consentement » à l’altérité et au mouvement évolutif de ma vie.
Les centres de recherche EXPERICE et RQHV ainsi que les constituantes UQAC, UQAR, PARIS 13 et LILLE 3 souhaitent ouvrir un espace de dialogue sur la recherche autobiographique et la recherche biographique en éducation, en création et en transmission culturelle. Nous voulons à cette occasion documenter au plus près le récit d’expériences subjectives comme production de savoirs biographiques (C. Delory Momberger) et rejoindre ainsi la discussion internationale reposant sur ce champ disciplinaire reconnu dans les pays anglo-saxons (Biography Research) et germaniques (Biographieforschung).
Les communications aborderont l’idée centrale de la narration biographique comme mode d’appréhension et de compréhension d’expériences subjectives (S. Morais, A. Dizerbo, P. Dominicé, G. Pineau, V. Melin, J.-M. Rugira, L. Gomès). Cette idée fera l’objet de discussions selon des vecteurs performatifs, transformateurs et créateurs afin de souligner ses enjeux spécifiques en éducation, en création et en transmission culturelle. Il s’agira de témoignages d’expériences de professeurs, de chercheurs, de chercheurs créateurs et d’artistes, chacun exprimant des échos biographiques singuliers qui seront mis en perspective épistémologique à travers des paradigmes herméneutiques, phénoménologiques et pragmatiques.
Walter Benjamin annonçait la « chute du cours de notre d’expérience » (Expérience et pauvreté, 1933), qui plonge les hommes et les femmes dans une pauvreté tout à fait nouvelle : nous sommes pauvres en expériences communicables. Ce colloque s’inscrit dans un mouvement contemporain qui fait cause commune avec les chercheurs, les chercheurs créateurs et les artistes qui ont choisi d’explorer des possibilités de recherche radicalement différentes et fondées sur la narration de l’expérience subjective. Par leurs récits de vie, leurs actes de création, leurs actions pédagogiques et culturelles, ils font en sorte qu’une humanité s’apprête à survivre à cette disparition de la culture annoncée par Benjamin. Ils poseront un regard transversal sur la recherche autobiographique et la recherche biographique en éducation, en création et en transmission culturelle avec l’intention de produire des connaissances nouvelles en interrogeant l’espace politique, poétique et éducatif que révèle la narration de l’expérience humaine.
Tout en portant une attention particulière aux enjeux épistémologiques, problématiques, méthodologiques et biographiques que soulève le récit d’expérience, le colloque invite à penser la recherche autobiographique et la recherche biographique selon trois axes de réflexion : en éducation, en création et en transmission culturelle.
Titre du colloque :