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Laure Waridel : UQAM - Université du Québec à Montréal
Partout à travers le Québec, et la planète, des initiatives d’une grande diversité foisonnent. Des gens s’engagent de manières très différentes dans la transition pour une économie écologique et sociale, parfois même sans le savoir, ou du moins sans le nommer ainsi. Certains œuvrent au sein d’organisations communautaires ou de coopératives, démarrent des entreprises d’économie sociale ou des start-ups en technologies vertes. D’autres mettent en œuvre des plans de développement durable dans des entreprises ou au sein d’organismes gouvernementaux. Quelques-uns mènent des combats juridiques courageux ou vont jusqu’à choisir la désobéissance civile pour contrer des projets de développement économique qu’ils jugent néfastes pour l’environnement ou la société. Des intrépides choisissent la voie politique se présentant aux élections du municipal au fédéral en passant par le provincial. Des groupes, des comités, des instituts, des chaires, des entreprises, des fiducies foncières et des fondations sont créées et animés par des individus qui souhaitent changer le monde une décision à la fois. Bien que ces initiatives soient hétérogènes, leurs porteurs ont en commun le désir de répondre à quelques-uns défis sociaux et environnementaux de notre époque. Ils opèrent au sein d’un même système social et économique.
Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:
Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?
Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?
Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?
L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?
Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?
Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?
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