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Jessica Elie Leonard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, les populations plus isolées ont d’importants problèmes en matière de services de proximité, notamment sur le plan de la sécurité alimentaire. De la sorte, les dynamiques et les réalités territoriales des régions rurales éloignées sont uniques compte tenu des spécificités locales et les conditions géographiques particulières. Dans un contexte d’agroindustrialisation, d’éloignement géographique et de conditions socioéconomiques fragiles, on constate à quel point la sécurité alimentaire de ces régions peut être plus affectée. Depuis quelques années toutefois, l’émergence d’initiatives agricoles locales visant une meilleure desserte des populations en difficultés et plus vulnérables prend de l’ampleur à l’échelle de la province. Cette communication se base sur des résultats préliminaires de recherche et vise d’une part à montrer, pourquoi la présence d’initiatives agricoles locales contribue-t-elle à la sécurité alimentaire en région rurale éloignée. D’autre part, elle cherche à mieux comprendre l’importance de ces modèles d’actions dans le développement de nouveaux espaces de sociabilité et de réduction d’inégalités. Pour ce faire, nous nous intéresserons à l’initiative agricole locale Cultiver pour nourrir située à Mont-Laurier dans la MRC d’Antoine Labelle afin de mieux comprendre le rôle, les défis et la dynamique d’acteur associés à cette instance locale dans une région où l’insécurité alimentaire est présente et où le réseau communautaire fleurit et innove.
Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:
Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?
Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?
Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?
L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?
Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?
Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?
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