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Annie Malo : Université de Montréal
Les programmes scolaires au Québec placent les élèves au centre de leur apprentissage (MEQ, 2000). Cependant, les élèves constituent encore un groupe vulnérable, en position désavantageuse (Pires, 1997). Par exemple, le fait d’exprimer un point de vue, divergent de la norme véhiculée par un adulte en position d’autorité, peut parfois entraîner une sanction à leur égard. Par ailleurs, la formation à l’enseignement tient peu compte du point de vue des élèves (Clift et Brady, 2005; Schultz, 2011), notamment lors des stages (Malo, 2014). En outre, les recherches sur les élèves restent majoritairement «adulto-centrée» (Delalande, 2006; Delgado, 2006). Une recherche qualitative a été menée avec un groupe de quatre élèves à l’hiver 2016 et de neuf élèves à l’automne 2016. Deux cycles de trois entretiens de groupe avaient pour objectif de faire participer les élèves à l’amélioration d’un outil visant la prise en compte du point de vue des élèves sur la présence d’un stagiaire pendant leur année scolaire. Le but de la présentation est montrer, par un retour réflexif sur la démarche (Spyrou, 2011), comment les choix méthodologiques et les décisions éthiques ne sont pas réglés avant d’entrer sur le terrain, mais se négocient et s’ajustent en cours de processus, et ce, afin de mettre en place et de conserver des conditions permettant aux élèves de rendre compte de leur monde, notamment ceux dont la voix est particulièrement silencieuse.
Depuis sa création, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) participe à la compréhension des phénomènes sociaux en mobilisant une réflexion autour de considérations théoriques et épistémologiques relatives aux méthodes qualitatives. Les colloques qu’elle a organisés ont affiché une sensibilité aux contextes, aux conjonctures et, surtout, aux acteurs sociaux auprès desquels les chercheurs qualitatifs exercent leur métier. Pour cet événement, l’ARQ veut poursuivre une réflexion portant sur les investigations auprès de populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, soit un axe privilégié du Centre d’étude et de recherche sur les transitions et les apprentissages (CERTA), organisme auquel elle s’associe. Le spectre des populations, familles ou encore organisations qualifiées de vulnérables est large : il peut s’agir de personnes en situation de précarité, de jeunes sans emploi, d’individus ou de familles issus de groupes ethniques minoritaires, de personnes en situation de handicap, de minorités sexuelles, d’aînés, etc. La notion de vulnérabilité est vue comme étant relative, cumulative et multidimensionnelle (Armoogum et al., 2012; De Luca Barrusse, 2012). Faisant écho aux notions de précarité, d’exclusion et de désaffiliation (Castel, 1995), elle devient le produit de processus qui s’inscrivent dans le temps et qui sont truffés de transitions et de bifurcations biographiques (Bourdon, Cournoyer et Charbonneau, 2012; Châtel et Soulet, 2003).
Ce colloque vise ainsi à réfléchir aux ajustements mutuels et influences réciproques entre chercheurs qualitatifs et populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, afin d’examiner comment ils s’influencent mutuellement. Comme axes de réflexion, nous proposons aux contributeurs la définition de l’objet de préoccupation mutuelle; la négociation des positions et des identités; la disponibilité au terrain d’enquête; et, enfin, les considérations éthiques et les conséquences sociopolitiques.
Titre du colloque :