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La carotte ou le bâton : discipline et post-discipline dans un centre de réadaptation pour jeunes délinquants à Montréal

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Nicolas Sallée : Université de Montréal

Résumé de la communication

Cette contribution propose de revenir sur les pratiques de maintien de l’ordre dans une unités montréalaise de « garde fermée », au sein desquelles sont exécutées les uniques peines privatives de liberté, dites de « placement et surveillance », prévues par la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.

Ces pratiques sont l’objet de régulations internes qui renvoient à deux enjeux. Un enjeu juridique lié à la distinction entre les mesures « d’isolement » et celles de « retrait » ; or, l’encadrement croissant des premières, tend à laisser dans l’ombre les conditions d’usage des secondes. Un enjeu institutionnel lié aux ambivalences entourant la nature et la finalité des unités de garde fermée ; pour s’éloigner du stigmate carcéral, l’objectif de la direction est, dans une optique de responsabilisation des jeunes, de valoriser les comportements pro-sociaux (la carotte) plutôt que de sanctionner les comportements anti-sociaux (le bâton).

L’objectif de cette communication est de revenir sur les usages quotidiens des sanctions dans l’unité observée, les débats auxquels ceux-ci donnent lieu et les tensions professionnelles qu’elles donnent à voir. Dans un cadre post-disciplinaire (Chantraine, 2006), nous mettrons au jour les caractéristiques d’une institution à géométrie variable, au sein de laquelle la dimension carcérale apparaît comme l’arrière-plan structural de l’ensemble des pratiques de réhabilitation.

Résumé du colloque

Il y a plusieurs bonnes raisons de considérer le « droit » comme un phénomène constitutif de la réalité sociale : sa centralité eu égard à la mise en forme du lien social, sa pérennité quant à la résolution des conflits publics et privés, son omniprésence dans la sphère médiatique au gré de l’actualité juridique, etc. Ces divers aspects portent à penser que le droit est un révélateur incontournable pour observer les changements sociaux et un analyseur inestimable pour comprendre le monde social.

Curieusement, les sociologues de la francophonie peinent à constituer les phénomènes juridiques comme un objet d’étude « normal », de même qu’à reconnaître la sociologie du droit comme un champ de recherche « porteur ». La parution récente d’un ouvrage collectif intitulé Les sociologies françaises : Héritages et perspectives (1960-2010) (PUR, 2015) offre un exemple de cette situation; parmi les 15 « sociologies spécialisées » répertoriées, la « sociologie du droit » brille par son absence. Cette situation est d’autant plus étrange que les fondateurs de la discipline (Durkheim, Weber, etc.) ont observé le droit pour éclairer la constitution, l’institution et la transformation de la société moderne.

Force est en revanche d’entrevoir que les travaux qui érigent le droit en objet sociologique se multiplient aujourd’hui dans la francophonie. D’où l’intérêt de prendre acte de la recherche actuellement produite dans le champ de la sociologie du droit au Québec et en France. Pour ce faire, le colloque proposé s’organisera autour de cinq axes d’interrogation : 1) Quels thèmes retiennent l’attention des chercheurs?; 2) Quels terrains empiriques investissent-ils pour les explorer?; 3) Quels concepts et quelles méthodes mobilisent-ils afin de les éclairer sociologiquement?; 4) Quels sont les apports de ces recherches à la compréhension du monde social?; et 5) Quelles sont les perspectives d’avenir de la sociologie du droit en francophonie?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 7 mai 2018

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