Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Lassad Damak : Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale
Le Québec est une terre d’immigration nette, les personnes qui s’y installent étant bien plus nombreuses que celles qui partent s’établir dans une autre province ou un autre pays. L’apport migratoire net à la population en âge de travailler sera de plus d’en plus important au cours des prochaines années, selon le plus récent scénario démographique de l’ISQ. En effet, une personne sur cinq de l’offre totale de main-d’œuvre sur le marché du travail provient de l’immigration.
Compte tenu que la population en âge de travailler (15 à 64 ans) poursuivra la baisse amorcée en 2014, et que la proportion de ce groupe occupant un emploi devrait atteindre des niveaux inégalés, cette situation fera en sorte que des problèmes de rareté relative de main-d’œuvre, qui occasionnent des difficultés de recrutement aux entreprises, se feront sentir davantage pour certains métiers et professions, dans certains secteurs et dans certaines régions.
Si le Québec veut assurer sa prospérité économique, il devra s’adapter à cette rareté de main-d’œuvre accrue en misant sur l’adéquation emploi-formation-compétence, au niveau régional et national, afin de contenir les pressions sur le marché du travail, mais aussi sur des hausses de productivité. La Stratégie nationale sur la main-d’œuvre qui découle du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre, et le nouveau rôle confié à la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) prévoient différentes actions pour faire face à ces enjeux.
Organisé conjointement par l’Observatoire de la francophonie économique (OFE) et le Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), ce colloque porte sur la question de la régionalisation de l’immigration. La répartition géographique des immigrants est un enjeu important des politiques d’immigration au Canada et au Québec. Ces politiques visent à diversifier les endroits où les immigrants choisissent de s’établir, mais cet objectif s’avère difficile à atteindre. En 2016, près de neuf immigrants récents (c.-à-d. admis entre 2011 et 2016) sur dix (88,4 %) se sont établis dans quatre provinces : le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Même si de plus en plus de nouveaux immigrants s’établissent dans les provinces des Prairies (26,3 % en 2016 vs 9,2 % en 1996), leur préférence pour les grands centres urbains n’a pas changé. En plus du fait que Toronto, Vancouver et Montréal ont accueilli plus de la moitié des nouveaux arrivants (56 % de ceux arrivés entre 2011 et 2016), 83 % de ceux qui se sont installés en Alberta l’ont été à Calgary ou à Edmonton. Quant aux provinces de l’Atlantique, elles sont toujours peu prisées par les immigrants récents (2,3 % seulement).
Parmi les initiatives importantes prises par le gouvernement fédéral, on peut citer le Programme des candidats des provinces. L’encouragement des immigrants à demeurer en région faisait également partie des priorités annoncées par le gouvernement actuel.
De son côté, le gouvernement du Québec s’est fixé comme objectif l’augmentation de la proportion de personnes immigrantes qui s’installent hors de la région de Montréal (Stratégie d’action en matière d’immigration, de participation et d’inclusion 2016-2021). Des ententes sont également signées avec des villes pour atteindre cet objectif.
Le colloque sera une occasion pour examiner la question de la régionalisation de l’immigration et les défis qu’elle représente pour les décideurs des politiques publiques. Il permettra également de discuter du potentiel économique des régions et de leur capacité à offrir des conditions attirantes pour les immigrants.
Titre du colloque :
Thème du colloque :