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L’immigration et les besoins de main-d’œuvre, une solution inégale entre les régions

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Alain Belanger

Résumé de la communication

Au début des années 2000, l’intérêt pour l’analyse de l’impact de l’immigration sur le remplacement des populations et notamment des populations actives connaît un essor important avec la publication d’une étude des Nations Unies sur le sujet. Cette étude visait à déterminer si l’immigration pouvait contrer les effets du déclin démographique et du vieillissement d’une population. À l’aide de scénarios de projections démographiques, l’étude cherchait à mesurer le nombre d’immigrants nécessaires pour, par exemple, maintenir la population active de différents pays. Dans cet article, nous avons appliqué une approche similaire afin d’évaluer s’il serait réaliste de compter sur l’immigration pour maintenir la population totale, la population active ainsi que le rapport de dépendance démographique du Québec et de ses régions. À l’aide d’un modèle de micro-simulation, ces hypothèses ont été testées à l’horizon 2061. Cette méthode permet de constater que les seuils d’immigration nécessaires à la réalisation de ces objectifs varient fortement selon les différentes régions et que l’atteinte de ceux-ci pourrait générer des situations invraisemblables. L’utilisation de la micro-simulation nous permet également d’observer les impacts de cette migration de remplacement sur la composition de la population projetée selon différentes dimensions telles que la proportion de personnes appartenant à un groupe de minorités visibles ou bien la place du français dans le Québec du futur.

Résumé du colloque

Organisé conjointement par l’Observatoire de la francophonie économique (OFE) et le Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS), ce colloque porte sur la question de la régionalisation de l’immigration. La répartition géographique des immigrants est un enjeu important des politiques d’immigration au Canada et au Québec. Ces politiques visent à diversifier les endroits où les immigrants choisissent de s’établir, mais cet objectif s’avère difficile à atteindre. En 2016, près de neuf immigrants récents (c.-à-d. admis entre 2011 et 2016) sur dix (88,4 %) se sont établis dans quatre provinces : le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. Même si de plus en plus de nouveaux immigrants s’établissent dans les provinces des Prairies (26,3 % en 2016 vs 9,2 % en 1996), leur préférence pour les grands centres urbains n’a pas changé. En plus du fait que Toronto, Vancouver et Montréal ont accueilli plus de la moitié des nouveaux arrivants (56 % de ceux arrivés entre 2011 et 2016), 83 % de ceux qui se sont installés en Alberta l’ont été à Calgary ou à Edmonton. Quant aux provinces de l’Atlantique, elles sont toujours peu prisées par les immigrants récents (2,3 % seulement).

Parmi les initiatives importantes prises par le gouvernement fédéral, on peut citer le Programme des candidats des provinces. L’encouragement des immigrants à demeurer en région faisait également partie des priorités annoncées par le gouvernement actuel.

De son côté, le gouvernement du Québec s’est fixé comme objectif l’augmentation de la proportion de personnes immigrantes qui s’installent hors de la région de Montréal (Stratégie d’action en matière d’immigration, de participation et d’inclusion 2016-2021). Des ententes sont également signées avec des villes pour atteindre cet objectif.

Le colloque sera une occasion pour examiner la question de la régionalisation de l’immigration et les défis qu’elle représente pour les décideurs des politiques publiques. Il permettra également de discuter du potentiel économique des régions et de leur capacité à offrir des conditions attirantes pour les immigrants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Brahim Boudarbat
section icon Date : 7 mai 2018

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