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Gary Kobinger : Université Laval
L’épidémie à virus d’Ebola de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest fut la première épidémie durant laquelle, le séquençage à haut débit (SHD) local fut utilisé à grande échelle. Les séquences virales obtenues furent cruciales pour l’identification de chaines de transmission atypiques, pour lesquelles aucun lien épidémiologique n’était disponible.
À la vue de l’apport du SHD durant la gestion de cette épidémie, nous avons décidé d’intégrer le SHD dans nos réponses contre les fièvres hémorragiques ainsi que dans nos activités de surveillance des pathogènes à fort potentiel épidémique en Afrique. Durant l’épidémie à virus d’Ebola de 2017 en République Démocratique du Congo, nous avons séquencé le virus d’Ebola obtenu d’individus infectés. Nous essayons également de séquencer le virus d’Ebola à partir de l’ARN de chauve-souris infectées. En plus de nos activités de surveillance et de diagnostic, nous avons mis au point une formation sur le SHD pour les chercheurs d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Cette présentation résumera nos activités de diagnostiques, de surveillance virale et de formation liées au SHD.
Le séquençage à haut débit (SHD) regroupe des technologies dont les applications de plus en plus diversifiées répondent à de nombreuses problématiques en recherche comme en clinique avec l’avènement des thérapies personnalisées. Ces technologies connaissent encore aujourd’hui des progrès fulgurants afin de les rendre plus accessibles en matière de coût et de manipulation. Elles impliquent cependant un besoin strict en ressources humaines d’expertise adéquate pour produire et traiter les données de SHD. Quoique désormais moins dispendieux qu’à ses débuts, le SHD entraîne tout de même des coûts et requiert des conditions de travail aux standards élevés difficiles à atteindre dans des régions en voie de développement comme en Afrique.
Les maladies infectieuses en zone tropicale posent souvent le problème de délai de réponse en santé publique. Cela dépend en partie de la capacité à identifier les pathogènes responsables lorsque ceux-ci ont émergé ou d’en anticiper l’émergence en amont afin de gérer au mieux les cas qui se présentent. Les émergences virales de ces dernières années en Afrique telles qu’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014 ou encore lZika en Afrique du Sud en 2016 en sont des exemples. Le domaine de la découverte de pathogènes se présente aujourd’hui comme une priorité de recherche pour lequel le SHD constitue un outil précieux. Nombre de pays en voie de développement, où les standards minimum requis font encore défaut, sont concernés.
Ce colloque offrira une série de communications abordant différents aspects des problématiques de santé et de recherche en Afrique auxquels le SHD peut contribuer à répondre. Nous visons ici une réflexion sur les enjeux du SHD, les défis qu’ils imposent et l’intérêt d’investir pour de telles technologies dans des régions où les ressources sont encore limitées.
Titre du colloque :