Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Renaud Goyer : UQAM - Université du Québec à Montréal
En 1967, Howard Becker, appelait les chercheurs à se demander : de quel côté sont-ils? Cette présentation découle d'une recherche qualitative réalisée en partenariat avec le Comité logement Saint-Laurent et s'appuyant sur des entrevues semi-dirigées et plusieurs heures d'observation à travers les activités du Comité. Les résultats de la recherche ont documenté comment la question de salubrité construit l'expérience des locataires d'une part, et en quoi, dans certains cas, elle empêche les locataires de contrôler leur espace intime et de s'inscrire plus largement dans l'espace social.
Le travail de recherche sur et en compagnie des personnes marginalisées ou vulnérables exigent du chercheur de se positionner sur deux plans. Sur le plan éthique, comment s'assurer que les droits des participants soient respectés et que leur point de vue soit défendu? Sur le plan politique, comment peut-on s'assurer que la recherche permette aux participants de questionner leur situation, de reprendre du pouvoir sur celle-ci voire même se politiser ou contribuer la politisation de l'enjeu? Nous chercherons donc dans cette présentation à, dans un premier temps, évoquer les questionnements éthiques qui ont orienté notre entrée sur le terrain et, dans un deuxième temps, à questionner en quoi la salubrité représente une expérience à partir duquel la politisation est complexe. En bref, nous cherchons à répondre à la question : de quel côté étions-nous?
Depuis sa création, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) participe à la compréhension des phénomènes sociaux en mobilisant une réflexion autour de considérations théoriques et épistémologiques relatives aux méthodes qualitatives. Les colloques qu’elle a organisés ont affiché une sensibilité aux contextes, aux conjonctures et, surtout, aux acteurs sociaux auprès desquels les chercheurs qualitatifs exercent leur métier. Pour cet événement, l’ARQ veut poursuivre une réflexion portant sur les investigations auprès de populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, soit un axe privilégié du Centre d’étude et de recherche sur les transitions et les apprentissages (CERTA), organisme auquel elle s’associe. Le spectre des populations, familles ou encore organisations qualifiées de vulnérables est large : il peut s’agir de personnes en situation de précarité, de jeunes sans emploi, d’individus ou de familles issus de groupes ethniques minoritaires, de personnes en situation de handicap, de minorités sexuelles, d’aînés, etc. La notion de vulnérabilité est vue comme étant relative, cumulative et multidimensionnelle (Armoogum et al., 2012; De Luca Barrusse, 2012). Faisant écho aux notions de précarité, d’exclusion et de désaffiliation (Castel, 1995), elle devient le produit de processus qui s’inscrivent dans le temps et qui sont truffés de transitions et de bifurcations biographiques (Bourdon, Cournoyer et Charbonneau, 2012; Châtel et Soulet, 2003).
Ce colloque vise ainsi à réfléchir aux ajustements mutuels et influences réciproques entre chercheurs qualitatifs et populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, afin d’examiner comment ils s’influencent mutuellement. Comme axes de réflexion, nous proposons aux contributeurs la définition de l’objet de préoccupation mutuelle; la négociation des positions et des identités; la disponibilité au terrain d’enquête; et, enfin, les considérations éthiques et les conséquences sociopolitiques.
Titre du colloque :
Thème du colloque :