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Souhir Khemir : Université de Haute-Alsace
Une étude récente menée par l’Orse et PwC, publiée en 2017 a montré que de plus en plus d’entreprises françaises intègrent des critères RSE dans leur politique de rémunération des dirigeants. En effet, en 2015, 73% des entreprises du CAC 40 prennent en compte des questions relatives à la RSE dans la rémunération variable contre seulement 10% en 2012. En effet, ces critères permettent de renforcer la transparence en matière de rémunération des dirigeants et de protéger les intérêts de l’ensemble des parties prenantes. En effet, les critères RSE envoient un signal positif dans la mesure où ils renseignent sur la manière dont l’entreprise est gérée dans son ensemble et par conséquent, aident à prévoir la performance de l’entreprise à long terme.
La présente étude s’intéresse à l’identification des facteurs explicatifs de la prise en compte des critères RSE dans la rémunération variable des dirigeants. Nous examinons plus particulièrement le conseil d’administration, la présence du comité RSE et la structure de propriété. L’ancrage théorique utilisé est la théorie des parties prenantes. L’échantillon est composé des entreprises françaises cotées au SBF 120 sur la période allant de 2012 à 2016. La présente étude est susceptible de compléter la littérature relative à la rémunération des dirigeants mais aussi d’apporter une évidence empirique sur le degré d’émergence des pratiques d’intégration de la RSE au niveau des rémunérations des dirigeants en France.
Ce colloque entend aborder principalement les récents développements et les sujets émergents en matière de gouvernance d’entreprise, de développement durable (DD) et de responsabilité sociale des entreprises (RSE). La RSE connaît depuis quelques années un fort engouement alors qu’elle était souvent ignorée et mal comprise des entreprises. Le concept de RSE est fréquemment présenté comme l’application des principes du développement durable dans les stratégies d’entreprise. Dans son acceptation la plus large, la responsabilité sociale de l’entreprise renvoie non seulement à la maximisation de la valeur actionnariale, mais également à la création de valeur pour leurs parties prenantes (les bailleurs de fonds, les employés, les clients, les fournisseurs, la communauté et l’environnement) en intégrant des dimensions environnementales, sociales et de gouvernance. Les réflexions actuelles offrent une alternative au modèle dominant de gouvernance en proposant une gouvernance plurielle, plus équitable envers l’ensemble des parties prenantes. Dans ce contexte, le colloque s’interrogera sur les liens entre le développement durable, la gouvernance et la création de valeur partagée. Pourquoi les entreprises devraient-elles être soucieuses de durabilité et de responsabilité? Comment la responsabilité sociale des entreprises peut-elle induire un nouveau modèle de gouvernance axée sur les objectifs de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise? En quoi et comment l’intégration des aspects économique, social, de gouvernance, éthique et environnemental favorise-t-elle une performance financière et extrafinancière durable ainsi qu’une valeur partagée? Quels sont les outils de vérification (reporting) des performances sociales et environnementales?
Devant une demande sociétale croissante de voir intégrer la RSE comme une dimension essentielle de la gouvernance d’entreprise, ce colloque vise à sensibiliser les chercheurs, les professionnels, les praticiens, les décideurs politiques et les dirigeants d’organisations publiques et privées aux enjeux en matière de gouvernance, de développement durable et de création de valeur partagée pour l’ensemble des parties prenantes. Ce colloque permettra d’aborder les défis et les obstacles auxquels se heurtent les entreprises au moment de l’intégration des volets de la RSE à la stratégie de l’entreprise. Compte tenu de l’importance du sujet, ce colloque s’inscrit dans une perspective multidisciplinaire afin de répondre aux questions liées à la gouvernance et à la responsabilité sociale des entreprises. Des contributions tant théoriques qu’empiriques de chercheurs issus de différents champs disciplinaires (finance, comptabilité, droit, économie, sociologie, science politique, etc.) sont donc sollicitées.